Santé – Sciences

Faut-il dérembourser les médicaments contre la maladie d'Alzheimer ?

Par Fabienne Joigneault et Jérôme Edant, France Bleu Limousin mercredi 9 novembre 2016 à 6:34 Mis à jour le mercredi 9 novembre 2016 à 18:30

Des traitements inutiles ?
Des traitements inutiles ? © Maxppp - Frédéric Laguet

Le sujet fait débat, entre la Haute Autorité de Santé, la ministre, et les syndicats de médecins. Les traitements prescrits n'auraient pas de réelle efficacité. Trois syndicats de généralistes appellent à ne plus les prescrire.

Quatre médicaments sont actuellement prescrits contre la maladie d'Alzheimer : l'Aricept, l'Exelon, l'Ebixa et le Reminyl, ainsi que leurs génériques. Le 20 octobre, la commission de la transparence de la Haute autorité de Santé, chargée de leur évaluation, a recommandé de ne plus les rembourser, en raison de leur inefficacité mais aussi de leur dangerosité (effets secondaires entraînant des troubles cardiaques, des chutes, etc...). Un avis consultatif, que la ministre de la Santé Marisol Touraine a choisi de ne pas suivre. En tout cas, pas tant qu'un "protocole de soins alternatif ne sera pas élaboré et mis en oeuvre", car comme le souligne l'association France Alzheimer, "la perspective d'un médicament incite les personnes à consulter, à se faire diagnostiquer".

Des médecins divisés

Les avis sont très partagés sur la question et, en Haute-Vienne, certains médecins s'offusquent du refus de la ministre. Notamment le docteur Philippe Nicot, médecin à Panazol et expert indépendant, il a participé aux travaux de l'Autorité de la Santé. Il juge "incompréhensible" la décision de Marisol Touraine. L'autorité indépendante a pour but de donner un avis hors pression de l'industrie pharmaceutique comme l'avait montré l'affaire Médiator mais "la ministre s'assoit sur le tout premier avis rendu par cette autorité" s'étonne le médecin. Face à cet avis, le professeur Philippe Couratier, neurologue au CHU de Limoges et responsable du Centre Mémoire de Ressources et de Recherche du Limousin, trouve l'idée excessive, comme le rapporte Le Populaire du Centre .

Un appel à ne plus prescrire

Mais trois syndicats de médecins libéraux, eux, considèrent que les risques d'effets secondaires sont plus importants que les bénéfices à attendre. Ils appellent leurs collègues à ne plus prescrire ces 4 médicaments. Parmi eux, le syndicat MG France. Son représentant en Haute-Vienne, le docteur Philippe Nogrette estime que maintenir le remboursement de ces médicaments est une tromperie et un gaspillage, préconisant que l'argent ainsi économisé permette plutôt de financer l'accompagnement des malades et de leurs familles, en attendant des traitements efficaces.