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Santé – Sciences

Fermeture de la maternité d'Oloron : le maire veut attaquer l'agence régionale de santé en justice

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Par , France Bleu Béarn, France Bleu Pays Basque

L'agence régionale de santé a tranché : la maternité d'Oloron va fermer. À partir du 20 décembre, elle sera transformée en centre périnatal de proximité. Le maire, Hervé Lucbéreilh, compte attaquer cette décision en justice

L'agence régionale de santé a confirmé ce mercredi matin la fermeture de la maternité d'Oloron
L'agence régionale de santé a confirmé ce mercredi matin la fermeture de la maternité d'Oloron © Radio France - Axelle Labbé

Oloron-Sainte-Marie, France

L'agence régionale de santé a confirmé ce mercredi matin la transformation de la maternité d'Oloron-Sainte-Marie en centre périnatal de proximité à partir du 20 décembre. La ville avait pourtant fait appel à un chasseur de tête pour trouver des médecins. Près de 300 personnes avaient aussi manifesté le 30 septembre devant la sous-préfecture contre la fermeture. Le maire, Hervé Lucbéreilh, accompagné du député Jean Lassalle et des trois sénateurs des Pyrénées-Atlantiques, s'était même rendu au ministère de la santé, la semaine dernière, pour obtenir la venue d'un médiateur. Mais l'ARS est restée sur sa position.

Une seule candidature recevable

Sur les douze candidatures de pédiatres et de gynécologues étudiées, l'agence régionale de santé assure qu'une seule était recevable. Il n'y aurait donc pas assez de médecins pour garantir la sécurité des patientes. L'agence régionale de santé détaille les motifs de refus de ces candidatures : pas de CV, un pédiatre qui ne se déplace pas pour l'entretien ou encore trois candidats qui ont changé d'avis. L'ARS s'interroge aussi sur la qualité des soins : en trois ans, la maternité a signalé 4 EIG : des événements indésirables graves. C'est à dire des erreurs commises par le personnel médical. C'est 36 fois plus que la moyenne selon l'ARS. Enfin, le nombre d'accouchements ne cesse de baisser : on est passé de 320 naissances en 2014 à 271 l'année dernière. Cette décision de fermer la maternité, conclue l'ARS, "pemettra de limiter au maximum les risques pour la sécurité des mamans et des bébés du territoire d'Oloron".

Quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage. — Hervé Lucbéreilh, le maire d'Oloron

Le maire d'Oloron, Hervé Lucbéreilh, compte maintenant attaquer la décision de l'ARS en justice : "je crois que c'est la chronique d'une mort annoncée. On savait depuis des années que l'ARS voulait fermer la maternité d'Oloron, on a vu depuis le début que tout était mis en oeuvre pour ne pas maintenir la maternité. Il faut être clair, quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage. En réalité, on a donné le dossier à l'ARS, et l'ARS ensuite a elle même convaincu les médecins qu'il ne fallait pas qu'ils viennent à Oloron, en leur disant "qu'est-ce que vous allez faire dans une maternité qui va fermer?" À partir de là, ils n'ont pas maintenu leur candidature. Et donc la seule conclusion à tout cela, faute de pouvoir parler pacifiquement avec l'État et d'être entendu, faute de pouvoir faire valoir notre bon droit, et bien notre seule solution c'est de changer de théâtre d'opérations, et donc maintenant nous allons aller en justice".

Hervé Lucbéreilh, le maire d'Oloron-Sainte-Marie

Hervé Lucbéreilh doit rencontrer ce jeudi un avocat toulousain, maître Philippe Herrmann, spécialiste du droit administratif, qui était notamment intervenu pour faire rouvrir la maternité de Carhaix, dans le Finistère.

Heureusement que j'ai accouché à Oloron, sinon c'est soit moi, soit ma fille qui ne serait pas là aujourd’hui. — Aurélie Giraudon

Aurélie Giraudon, conseillère municipale d'opposition, membre du collectif de défense de la maternité d'Oloron, estime elle que la structure est indispensable au territoire. Elle a deux enfants, un garçon et une fille. Deux grossesses difficiles, ses accouchements étaient donc programmés à la maternité de Pau. Mais elle n'a pas eu le temps d'y arriver.

La maternité d'Oloron a sauvé sa vie la première fois, puis celle de sa fille, raconte-t-elle : "il était 5 heures du matin, j'étais toute seule à la maison, mon mari travaillait. J'ai appelé Pau, ils m'ont dit d'arriver, mais j'avais plus de 45 km à faire, je ne pouvais pas conduire toute seule. Donc j'ai appelé Oloron, elles m'ont dit d'arriver de suite. Le temps d'arriver, mon accouchement s'est fait très très rapidement. S'en est suivi des hémorragies et une descente d'organes, ça a été très compliqué. C'est ici qu'ils m'ont vraiment sauvée. Mon deuxième accouchement s'est passé à peu près pareil, sauf que là j'aurais eu le temps d'arriver à Pau, mais ma fille ne respirait déjà plus dans mon ventre donc c'est du coup à Oloron qu'ils ont fait l'accouchement, assez précipitamment, et qu'ils me l'ont sauvée. Elle ne serait jamais arrivée à Pau. Donc oui je suis inquiète, on me dit que quand c'est des grossesses à risques, c'est programmé et on reste à Pau, et bien non. Je suis bien placée pour savoir, j'avais deux grossesses à risque, et j'ai dû accoucher à Oloron. Et heureusement que j'ai accouché à Oloron, sinon c'est soit moi, soit ma fille qui ne serait pas là aujourd’hui".

Aurélie Giraudon a accouché deux fois à la maternité d'Oloron

Michel Laforcade, le directeur de l'agence régionale de santé était l'invité de France Bleu Béarn ce jeudi matin.

Une interview à réécouter ici.

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