Santé – Sciences

À Fos-sur-Mer, une population malade de son industrie ?

Par Marion Bargiacchi, France Bleu Provence et France Bleu mardi 14 février 2017 à 21:58 Mis à jour le mercredi 15 février 2017 à 8:15

Les raffineries de Fos.
Les raffineries de Fos. © Maxppp - GARRO Thierry

À Fos-sur-Mer et Port-Saint-Louis (Bouches-du-Rhône), les femmes ont trois fois plus de cancer du col de l'utérus qu'ailleurs en France. Il y a aussi quatre fois plus de diabète de type 1, d'après une étude indépendante menées depuis deux ans par l'Agence nationale de la sécurité sanitaire.

C'est le résultat d'une étude indépendante menée depuis deux ans par l'Agence nationale de la sécurité sanitaire (Anses) et dont les résultats viennent d'être révélés : À Fos-sur-Mer et Port-Saint-Louis-du-Rhône, les femmes ont trois fois plus de cancer du corps de l'utérus qu'ailleurs en France. Les cancers sont plus fréquents, ils se cumulent.

Il y a aussi quatre fois plus de diabète de type 1. Et si vous vivez à Fos-sur-Mer et Port-Saint-Louis, vous avez 15% de probabilité d'avoir de l'asthme à l'âge adulte contre 10% en moyenne dans le pays.

La pollution en cause ?

L’étang de Berre est la plus grande zone industrielle de France. On y retrouve les raffineries et les hauts fourneaux d'Arcelor Mittal, le port pétrolier, l'incinérateur de déchets entre autres.

Certains pointent du doigt la pollution aux particules toxiques et aux perturbateurs endocriniens. Mais l'étude ne crée pas de lien de cause à effet entre la pollution de la zone et cette multiplication des maladies : elle se base sur une méthode de témoignage de la population.

Alors pour aller plus loin, une nouvelle étude est menée depuis septembre par l'Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions (IECP), une étude basée sur des prélèvements de sang et d'urine chez les Fosséens pour voir s'ils sont plus exposés à la pollution que leurs voisins de Saint-Martin-de-Crau.

Un besoin d'informations

Ce que demande le directeur de cette étude, Philippe Chamaret, c'est une transparence de la part des services de l'État. "On a fondamentalement besoin des données de la sécurité sociale sur les maladies qui se développent sur cette zone. Pas seulement les chercheurs mais aussi les médecins qui sont confrontés aux questions de leurs patients. Il faudrait que l'Etat mette à disposition la connaissance."

Du côté du maire de Fos-sur-Mer, René Raimondi désire plus de transparence de la part des industriels : "Chaque usine peut-être vertueuse mais ce que produit le cumul de toutes ces usines, on n'en sait rien aujourd'hui."

"Nous on veut que chacun ait un emploi, que chacun trouve son compte mais on voudrait pouvoir vivre aussi longtemps que le citoyen lambda."