Santé – Sciences

Foyers de personnes âgées, handicapées, aide à domicile : le secteur médico-social tire la sonnette d'alarme

Par Hugo Flotat-Talon, France Bleu Belfort-Montbéliard dimanche 2 octobre 2016 à 6:50

Les professionnels craignent pour eux et pour les patients.
Les professionnels craignent pour eux et pour les patients. © Radio France - Hugo Flotat-Talon

C'était un secteur jusque là relativement épargné par les baisses de moyens. Mais depuis le début de l'année, les structures médico-sociales, qui viennent en aide aux personnes âgées, handicapées, aux famille, à domicile ou en centre, ne s'en sortent plus. Ils lance l'alerte, avant un drame.

Ils ont le visage grave et un badge demandant "des moyens pour la santé et le social" accroché au niveau du coeur. Les représentants CFDT d'une centaine d'établissements du Nord Franche Comté qui comptent plusieurs milliers de salariés se sont réunis à Belfort vendredi. "Jusque là, dans le médico-social on était relativement épargnés par les baisses de budget. Mais depuis le début de l'année, que ce soit dans l'aide à domicile, dans les foyers pour personnes handicapées ou pour personnes âgées, ce n'est plus tenable", annonce d'emblée Corinne Peter, la secrétaire général du syndicat CFDT sociaux dans le Territoire de Belfort. Ses collègues syndicalistes du Doubs et de Haute-Saône approuvent. Et racontent leur quotidien.

"Certaine fois on fait du travail médiocre"

Autour de la table, les professionnels évoquent leur situation. "Á Soli-cité Aide dans le pays de Montbéliard, on a du découper l'association en 27 structures pour avoir plus de déductions fiscales et tenter de s'en sortir. C'est dire où on est en est", raconte Fabienne Colin. D'autres racontent les contrats précaires qui se multiplient, les kilomètres pas payés lorsqu'il faut aller à domicile, les toilettes faites à une personne quand deux sont normalement nécessaires ... "Ça génère des conflits entre les résidents eux-même, ils n'osent pas nous demander de les aider parce qu'ils voient qu'on est débordé, c'est ingérable", raconte Catherine Delacour qui travaille dans un centre Adapei à Taillecourt. "Et puis le personnel n'en peut plus. On fait tout trop vite, on a plus le temps de bien faire. On va terminer mélanger des médicaments ou ne pas voir lorsque quelqu'un aura un problème grave dans sa chambre". Une collègue approuve. "Certaines fois on fait du travail médiocre. On a des valeurs, on essaie de faire au mieux, mais quand on est deux à la place de quatre dans un service, c'est impossible de faire le travail correctement".

"L'ARS veut ouvrir un centre pour les personnes en difficultés"

Selon les syndicalistes, les arrêts de travail et les burn-out se multiplient dans toute les structures depuis le début de l'année. "C'est un cercle vicieux parce que tout le monde est à bout, il n'y a pas de remplaçants et ça ne peut pas s'améliorer", explique Corinne Peter. "Dernièrement l'Agence Régionale de Santé (ARS) nous a proposé l'ouverture d'un centre pour les personnels en difficulté ! Mais on ne veut pas ça, il faut juste que l'Etat et les collectivités prennent leurs responsabilités". En 2014, les personnels de catégorie C avait été un peu augmentés. Mais dans beaucoup de structures les budgets sont restés identiques. "Si demain les contrats aidés sont supprimés, c'est la mort de certains établissement", souffle une salariée.