Santé – Sciences

François Hollande doit inaugurer Spiral 2 à Caen

Par Adrien Bossard, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) jeudi 3 novembre 2016 à 6:00

L'accélérateur de particules propulsera les faisceaux à une puissance de 200kW.
L'accélérateur de particules propulsera les faisceaux à une puissance de 200kW. © Radio France - Adrien Bossard

Le chef de l'Etat est attendu ce jeudi 3 novembre à Caen. Il doit participer aux 60 ans du colloque Mendès-France à l'Université de Caen. Au programme aussi : l'inauguration de Spiral 2, le nouvel espace du Ganil, spécialisé dans l'étude des noyaux atomiques invisibles sur terre. Visite guidée.

Des machines et des câbles à perte de vue, tous reliés les uns aux autres, à 10 mètres sous terre. Questions de radioprotection obliges. C'est là que se trouvent toutes les installations de Spiral 2, ce nouvel espace de recherche du Ganil, le Grand accélérateur national d'ions lourds. Il est destiné à produire et à étudier des noyaux d'atomes exotiques, autrement dit des particules qui n'existent pas sur terre. Et particularité de Spiral 2 : ces particules seront les plus intenses au monde.

"Nous aurons des particules 10 à 100 fois intenses que n'importe quel autre laboratoire", s'enthousiasme Marek Lewitowicz, le directeur adjoint du Ganil. Tout cela est rendu possible grâce à un matériel dernier cri, un accélérateur de particules unique au monde.

Dans un premier temps, les atomes sont injectés dans une turbine, sous la forme de gaz. Le but : dissocier toutes les composantes de l'atome (noyau, protons, neutrons...). Ces particules traversent ensuite plusieurs tubes avant d'arriver à l'accélérateur où elles prennent de la vitesse, avant d'arriver dans les salles d'expériences pour faire l'objet d'analyses.

Percer les mystères de l'Univers et faire avancer la recherche contre le cancer

Toutes les machines de Spiral 2 sont installées, elles fonctionneront toutes à l'automne 2017. - Radio France
Toutes les machines de Spiral 2 sont installées, elles fonctionneront toutes à l'automne 2017. © Radio France - Adrien Bossard

Dans ces salles, 700 chercheurs du monde entier y travailleront ponctuellement. Et il y a un intérêt selon Marek Lewitowicz. "Vu que nos particules sont très intenses, là où vous mettez en général 50 jours de recherches, vous n'en mettrez plus que 2 ou 3." Des recherches contre le cancer par exemple ou pour percer les mystères de l'Univers.

Les premières expériences seront menées à l'automne 2017. Coût total de ce projet : 200 millions d'euros.

"Nous avons 10 ans de programme expérimental devant nous", Marek Lewitowicz.