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Santé – Sciences

Gironde : une nouvelle campagne pour faire baisser la prise d'antibiotiques

mardi 21 novembre 2017 à 16:12 Par Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde et France Bleu Périgord

La consommation d'antibiotiques est repartie à la hausse en France, malgré la multiplication des campagnes d'information depuis 15 ans. Une nouvelle action de sensibilisation est lancée par l'Agence Régionale de Santé, pour "un bon usage des antibiotiques pour en préserver l'efficacité".

Des antibiotiques à foison dans cette pharmacie - illustration -
Des antibiotiques à foison dans cette pharmacie - illustration - © Maxppp -

Bordeaux, France

C'est l'un des objectifs du gouvernement en matière de santé : diminuer de 25% la consommation d'antibiotiques en France d'ici 2020. Notre pays est le quatrième en Europe pour l'utilisation d'antibiotiques , avec une consommation supérieure d'environ 30% à la moyenne européenne . D'où cette nouvelle campagne de sensibilisation lancée dans toute la Nouvelle Aquitaine par l'Agence Régionale de Santé à l'attention du grand public. Cette nouvelle action d'information prolonge celles menées depuis 15 ans avec ce slogan bien connu : "Les antibiotiques, c'est pas automatique".

Depuis 2010, malgré ces campagnes, la prescription d'antibiotiques est repartie à la hausse, principalement de la part des médecins. Or, les autorités sanitaires le répètent : pour une infection virale , type bronchite, angine, rhume ou sinusite, un traitement antibiotique ne sert à rien. Il permet uniquement de traiter une infection bactérienne.

"Je sors de chez le médecin, et justement, il ne m'a pas prescrit d'antibiotique. J'ai une laryngite, et il m'a dit qu'à ce stade, ce n'était pas utile d'en prendre" - Sophie, une patiente

C'st souvent sous la pression des patients que les médecins généralistes continuent de prescrire ce type de médicaments.

Un jour, j'ai essayé un peu de forcer la main de mon médecin. Je lui ai dit : je pense que j'ai besoin d'antibiotiques. Il m'a répondu : non, vous n'en avez pas besoin. Peut-être qu'on se met dans la tête que les antibiotiques, ça soigne plus vite que les autres médicaments. - Espérance, une autre patiente

Ce sont ces idées rues qu'il faut continuer à combattre , martèlent les spécialistes.

C'est comme les messages de la Prévention Routière, au bout d'un moment, on ne les écoute plus. Il faut les renouveler pour renouveler leur portée. Il faut rappeler aux gens ce qu'est un virus, ce qu'est une bactérie, comment on les traite, pour éviter cette surconsommation. - le professeur Michel Dupon, du service des maladies infectieuses du CHU de Bordeaux.

"La pression des patients est très forte" Professeur Michel Dupon, du service des maladies infectieuses du CHU de Bordeaux

Les professeurs Didier Neau et Michel Dupon, du services des maladies infectieuses du CHU de Bordeaux - Radio France
Les professeurs Didier Neau et Michel Dupon, du services des maladies infectieuses du CHU de Bordeaux © Radio France - Pierre-Marie Gros

Autre message diffusé à destination des patients : un usage responsable des antibiotiques peut aider à stopper la résistance des bactéries.

Trop consommer d'antibiotiques a pour conséquence d'augmenter la résistance de ces bactéries. La moitié des patients de mon service , en ce moment, ont développé une antibiorésistance. Parfois, on doit même faire face à des bactéries qui résistent à l'ensemble des antibiotiques à notre disposition. - le professeur Didier Neau, chef du service des maladies infectieuses du CHU de Bordeaux.

"Antibiotique ne veut pas dire guérison plus rapide'" Professeur Didier Neau, chef du service des maladies infectieuses du CHU de Bordeaux

Chaque année en France, selon les autorités sanitaires, 150 000 personnes sont infectées par une bactérie résistante, et plus de 12 500 décès sont imputables à ces infections.