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Grand débat sur la drogue : "La répression excessive ne mène à rien" selon une addictologue de la Somme

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Par , France Bleu Picardie, France Bleu

Le grand débat national sur la consommation de drogue voulu par Emmanuel Macron fait réagir les spécialistes. Maroussia Wilqin, psychiatre addictologue à l'hôpital d'Abbeville, craint une consultation uniquement sur le volet répressif. Elle était l'invitée de France Bleu Picardie ce mardi matin.

Image d'illustration
Image d'illustration © Radio France - Bixente Vrignon

Le président de la République Emmanuel Macron a annoncé ce lundi 19 avril dans les colonnes du Figaro vouloir lancer un grand débat national sur la consommation de drogue, pour trouver des solutions et lutter contre les addictions et les trafics. Si la démarche initiale paraît bonne, pour les professionnels et spécialistes de la question, il faut veiller à ce que le cadre de cette consultation fasse une place à la prévention des addictions, et ne se concentre pas uniquement sur la répression de la consommation de drogues. C'est en tout cas l'avis du docteur Maroussia Wilqin, psychiatre addictologue à l'hôpital d'Abbeville et invitée à 8h10 dans la matinale de France Bleu Picardie ce mardi 20 avril.

"Un grand débat national pourquoi pas" admet le docteur Wilqin, "mais il me semble que le président de la République a en fait déjà fixé le cadre de ce débat en lui donnant une orientation très sécuritaire basée sur la répression. Je n'ai pas entendu un seul mot en ce qui concerne la prévention des soins"

Moins de répression, plus de prévention

Selon la psychiatre, la France est l'un des pays de l'Union Européenne où la répression est la plus forte, sans que cela ait des effets notoires sur la consommation de stupéfiants. Au contraire, elle ne cesserait d'augmenter. Le docteur Wilqin explique que la "répression excessive ne mène à rien", et appelle donc à plutôt prendre l'exemple de la Suisse, où la politique de prise en charge des drogues est très équilibrée selon elle : "elle s'appuie sur trois piliers, financés de la même façon : un tiers pour la répression, un tiers pour la prévention, un tiers pour le soin. Or chez nous, on ne nous parle que d'accroître les actions de répression. En aucun cas on ne nous donne les moyens d'augmenter les actions de prévention et la prise en charge des patients dans les structures spécialisées".

Il n'est pas normal de considérer les usagers comme des délinquants avant de les considérer comme des patients - Maroussia Wilqin, psychiatre addictologue

Pour Maroussia Wilqin, le problème vient de la manière dont le gouvernement voit les consommateurs de drogue. "Pour le gouvernement, un usager de substances, c'est avant tout un délinquant et non une personne susceptible de bénéficier d'actions de prévention ou d'actions de soins. Je considère qu'il n'est pas normal, ni logique, ni éthique de considérer les usagers comme des délinquants avant de les considérer comme des patients"

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