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Coronavirus : reconfinement en France à partir de vendredi, jusqu'au 1er décembre

Hôpital d'Orléans : deux cardiologues sanctionnés pour des pratiques abusives

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Par , France Bleu Orléans, France Bleu

Deux cardiologues du CHR d'Orléans viennent d'être suspendus temporairement de leur activité libérale et ne peuvent plus pratiquer d'angioplastie coronaire. On leur reproche d'avoir multiplié les interventions, parfois sans justifications et en mettant en danger la santé des patients.

Entrée principale du CHRO
Entrée principale du CHRO © Radio France - Christophe Dupuy

Le 10 février dernier, à la demande de l'Agence régionale de santé, une inspection a été menée dans le service cardiologie de Centre hospitalier régional d'Orléans. Deux professeurs, membres du Gaci, un groupe d'experts qui dépend de la Société Française de Cardiologie, sont venus in situ consulter quelques dossiers et rencontrer les médecins du service. 

Conclusions "sévères et sans concession" contre deux cardiologues

Leurs conclusions, que nous avons pu consulter, sont "sévères et sans concession" pour deux cardiologues du service qui semblent avoir multiplié sans raison les interventions d'angioplastie coronaire. Cet acte, sous anesthésie locale, permet de dilater des artères du cœur bouchées ou resserrées et d'éviter notamment les risques d'infarctus du myocarde.

Une explosion de l'activité angioplastie au CHRO

Depuis quatre ans, le nombre d'angioplasties coronaires pratiquées à l'hôpital d'Orléans a été multiplié par quatre passant de 500 à 600 procédures par an en 2015 à plus de 2.200 en 2018. Cette explosion correspond à l'arrivée dans le service cardiologie de l'un des deux médecins mis en cause. En 2018, ce même médecin a sans doute battu "un record de France", note le rapport, avec 1.250 interventions. C'est pratiquement le double de ce que font habituellement les cardiologues dont c'est l'unique activité. "La situation est donc atypique", estiment les professeurs qui ont enquêté dans le service. 

Des patients très âgés ont subi des angioplasties répétées

En s'intéressant de plus près aux dossiers des patients, l'inspection réalisée (par deux cardiologues qui exercent ailleurs en France) a mis en lumière que deux médecins du service avaient souvent " surévalué la gravité" des lésions observées pour procéder à des angioplasties. D'ailleurs, il est noté que dans les cas litigieux, il est rarement fait recours à des tests au préalable. L'âge de leurs patients étonne aussi avec des personnes très âgées, de plus de 90 ou 95 ans, parfois en soins palliatifs. 

Fait rare : certains patients ont subi plusieurs poses de "stents"

Certaines sont même passées plusieurs fois entre leurs mains pour la pose de stents, ces petits ressorts métalliques qui évitent que l'artère ne se rebouche. " Les angioplasties répétées sont des procédures classiquement rares et dont l'indication doit être réfléchie", estiment les rapporteurs de l'inspection. 

Des opérations ne se justifiant pas et mettant en danger la santé des patients

Extrait des conclusions du rapport d'inspection au service cardiologie du CHRO
Extrait des conclusions du rapport d'inspection au service cardiologie du CHRO © Radio France - Patricia Pourrez

Les compétences des deux cardiologues orléanais ne sont pas mises en cause. Au contraire, le rapport fait état " d'une certaine habilité technique témoignant d'une expérience certaine. Aucune complication notable n'a été relevée dans les dossiers examinés." Mais, les conclusions du rapport sont claires : " recours inapproprié à l'angioplastie coronaire ne se justifiant pas et mettant en danger la santé des patients, absence de concertations médicales et réalisation de gestes inappropriés chez des patients très âgés (patient de 90 ans stenté en cinq temps)"

Par intérêt financier ?

Alors, pourquoi avoir pris de telles risques pour des interventions qui parfois n'étaient pas justifiées ? Le rapport ne le dit pas explicitement mais on pense évidemment aux bénéfices financiers sachant que l'un des deux médecins opérait très souvent dans le cadre de son activité libérale, avec des dépassements d'honoraires possibles. 

Les premières sanctions cet été 

Suite à cette inspection, l'Agence régionale de santé a ordonné en août dernier que les deux cardiologues du CHRO mis en cause soient suspendus de leur activité libérale. L'un pour un an, l'autre pour six mois. Ils contestent tous les deux cette décision et ont déposé un recours. D'autre part, ils ne peuvent plus pratiquer d'angioplasties coronaires à l'hôpital d'Orléans jusqu'à nouvel ordre. D'autres procédures sont en cours. Le conseil régional de l'Ordre des médecins a été saisi, ainsi que la Caisse primaire d'assurance maladie. 

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