Santé – Sciences

Hôpital de Bastia : au 14ème jour, les grévistes de la faim dénoncent "mépris et indifférence"

Par Hélène Battini et Pierre-Louis Sardi, France Bleu RCFM mercredi 15 novembre 2017 à 11:01

La grève de la faim continue à l'hôpital de Falcunaghja à Bastia.
La grève de la faim continue à l'hôpital de Falcunaghja à Bastia. © Maxppp - maxppp

Au nombre de quatre désormais, les grévistes de la faim CGT demandent toujours à L’État de combler le déficit de 50 millions d'euros de l'établissement, mais se heurtent à un front du refus. L'inquiétude grandit au fil des jours, puisque c'est maintenant leur santé qui est menacée.

Il y a 2 semaines, elles étaient une dizaine à entamer la grève de la faim. Au fil des jours, face au silence de L’État, et le conflit s'enlisant, seule une petite poignée d'entre elles sont toujours sur les rangs, parmi elles, Chantal Risticoni, cadre de santé CGT. « On a attaqué la troisième semaine, moi personnellement je suis épuisée, j’ai repris le travail, c’est très compliqué de gérer la fatigue physique et mentale. L’état physique a des répercussions sur l’état mental. On n’a pas trop le choix, on ne peut pas laisser les équipes et les patients sans qu’il n’y ait une continuité des soins. »

« On essaie de se relayer étant donné qu’on a aucune réponse ni du ministère ni de l’ARS, on se sent quand même un petit peu abandonnées cela n’a pas l’air de les inquiéter plus que ça, et c’est vrai qu’on trouve ce comportement assez méprisant…Plus que la grève de la faim je ne vois pas trop ce qu’on peut faire. Tant que je peux tenir je tiendrai, c’est vrai que chaque jour est de plus en plus difficile. »

Le personnel CGT du centre hospitalier de Bastia a retenu un temps les cadres administratifs. - Radio France
Le personnel CGT du centre hospitalier de Bastia a retenu un temps les cadres administratifs. © Radio France - France Bleu RCFM

Il ne reste plus que quatre grévistes de la faim désormais, les autres ont renoncé pour des raisons de santé. Viviane Albertelli, la déléguée CGT est très inquiète. « Je suis très inquiète, mes collègues sont très très très fatiguées. Ma crainte c’est leur santé, mais j’ai peur aussi de débordements, les gens voient qu’on s’enlise, ils nous proposent des actions…Des actions oui, en arrêtant ou pas la grève de la faim ? Je pense que mes collègues aussi sont déterminées pour continuer, mais c’est sûr, on va durcir le mouvement. »

Dans les prochains jours, le conflit pourrait prendre une autre forme et dès ce jeudi matin, la CGT organise une opération escargot dans le centre-ville de Bastia.