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Santé - Sciences

Hôpital du Rouvray : la direction annonce un plan d'actions après un rapport accablant

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure), France Bleu

Trois semaines après la publication du rapport sévère de la Contrôleuse des lieux de privation de libertés, l'hôpital psychiatrique du Rouvray près de Rouen annonce un plan d'actions. Les syndicats dénoncent des mesures à moyens constants.

Trois semaines après la publication du rapport de la Contrôleuse des lieux de privation de liberté la direction du CH du Rouvray publie son plan d'actions dans un communiqué.
Trois semaines après la publication du rapport de la Contrôleuse des lieux de privation de liberté la direction du CH du Rouvray publie son plan d'actions dans un communiqué. © Radio France - Rémi Brancato

Sotteville-lès-Rouen, France

C'était il y a 3 semaines jour pour jour. Un rapport cinglant sur les pratiques du centre psychiatrique du Rouvray à coté de Rouen était publié par la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté  ((CGLPL). La direction de l'hôpital publie ce lundi un communiqué afin de détailler son "plan d'actions". Un plan à moyens quasi constants.

Le cas dramatique de l'accueil des mineurs

La mauvaise qualité de la prise en charge des adolescents au sein de l'établissement psychiatrique de Sotteville-les-Rouen est dénoncée depuis le mouvement de grève très dur du printemps 2018. En avril 2018, à l'issue de deux mois et demi de conflit, la création d'une unité pour adolescents avait même été obtenue. Sauf qu'elle n'a jamais été construite. Dans son rapport, Adeline Hazan, pointe des faits graves. Elle rapporte que des ados sont toujours hospitalisés dans les mêmes chambres que les adultes avec toutes les dérives que cela peut entraîner, y compris des abus sexuels.  

  • La direction annonce donc la création d'une unité pour ados d'ici la fin de l'année prochaine : 10 lits dédiés +  quatre places dans l'hôpital de jour. Mais ce ne sera pas suffisant reconnait-elle déjà dans son communiqué.  Elle explique qu'il conviendra de réfléchir à la création d'une autre unité de 10  lits supplémentaires ou la création d'une unité pour les jeunes adultes de 16 à 25 ans.

Des conditions d'hébergement déplorables

Adeline Hazan met en évidence dans son rapport un accueil des patients indigne. La Contrôleure des lieux de privation de liberté décrit des chambres souvent sans toilettes, équipées d'un simple seau hygiénique parfois sans couvercle avec donc des odeurs d’excréments qui se dégagent dans la pièce. Pas de sonnette non plus pour appeler des soignants, des patients obligés de tambouriner aux portes. Mais aussi des chambres sur-occupées avec de nombreux lits de camp installés dans des bureaux. 

  • La direction annonce qu'elle va fermer sous deux mois les 31 lits de camp installés et limiter l'accueil à 465 lits avec un seuil d'alerte dès 455 lits.  Afin de remédier au délabrement des lieux, un plan de travaux d'urgence de deux millions d'euros dans les 2 ans qui viennent est prévu avec mise aux normes des chambres d'isolement. Et puis, des plages de consultation d'urgence dans les centres médico-psychologiques sont annoncées pour diminuer le nombre d'hospitalisation au sein du Rouvray.
La création d'une unité pour adolescents est promise depuis la fin du conflit très dur d'avril 2018 - Radio France
La création d'une unité pour adolescents est promise depuis la fin du conflit très dur d'avril 2018 © Radio France - Anne Bertrand

Manquements à la déontologie professionnelle 

Le rapport dénonce un recours excessif à l'isolement des patients. Une pratique qui est normalement de très courte durée et réservée à des cas bien précis. Des patients dont les déplacements au sein de l'hôpital sont également beaucoup trop contraints selon Adeline Hazan. Difficultés par exemple pour se rendre à l'épicerie du CH ou pour se promener dans le parc.  

  • La direction du Rouvray annonce un groupe de travail sur ce sujet, un plan de formation des médecins à la réglementation sur les soins sans consentement. Prévue également désormais l'information du dossier médical pour retracer qui a été déjà été placé à l'isolement et combien de temps.

Avec quel argent ?

Á la publication du rapport d'Adeline Hazan, les soignants se sont vivement exprimés pour dire qu'ils partageaient depuis longtemps ce constat. Ils dénoncent le manque de moyens afin d'accueillir dignement les patients.  Sur ce point des moyens, la Contrôleuse des lieux de privation de libertés est plus mesurée. Elle a déclaré sur France Bleu Normandie :"ce n'est pas uniquement une question de moyens. Les moyens de cet hôpital sont même plutôt meilleurs que dans la moyenne des hôpitaux". 

Le financement de ce plan d'action se fait à moyens constants sauf une enveloppe d'un million d'euros de l'ARS pour les travaux à mener dans les chambres d'isolement. La direction du Rouvray explique que certaines mesures se feront en "interne" et donc ne nécessiterait pas de moyens supplémentaires. Pour la création de l'unité pour ados, le principe est validé par le ministère de la santé mais le montant du budget pas encore décidé.

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