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Santé – Sciences

Hôpital Pinel : les soignants grévistes réclament toujours une table ronde avec la direction et l'ARS

lundi 27 août 2018 à 5:35 Par Pauline Pennanec'h, France Bleu Picardie

Le mouvement de grève des soignants, à l'hôpital psychiatrique Philippe-Pinel, à Amiens, dure depuis maintenant 74 jours. Ils protestent toujours contre le manque de moyens, et réclament une table ronde avec l'Agence régionale de santé et la direction.

Clémentine fait partie des soignants qui sont en grève depuis 74 jours, à l'hôpital Pinel à Amiens
Clémentine fait partie des soignants qui sont en grève depuis 74 jours, à l'hôpital Pinel à Amiens © Radio France - Pauline Pennanec'h

Amiens, France

Cela fait plus de deux mois maintenant que les soignants grévistes campent devant l'hôpital Philippe-Pinel, à Amiens. Ils ont installé un campement, où ils sont jour et nuit, depuis 44 jours. Infirmiers, psychiatres, psychologues et aide-soignants peuvent compter sur le soutien des habitants, qui klaxonnent régulièrement en passant devant l'hôpital. 

Depuis 74 jours, les soignants grévistes dénoncent le manque de moyens et ses conséquences notamment pour les patients en psychiatrie. Ces personnels réclament toujours une table ronde avec l'ARS (Agence régionale de Santé) et la direction pour faire entendre leur revendications : "On a affaire à des gens qui travaillent avec leur calculette, et qui disent 'réduisons l'offre, et nous aurons moins de patients'", lâche Emmanuel Van Hoecke, infirmier et représentant syndical Force Ouvrière (FO). "Il y a quelques postes ouverts à candidature, mais ils ne se bousculent pas pour venir chez nous et savent qu'ils travailleront dans des conditions difficiles."

Embauche de 10 infirmers supplémentaires

L'intersyndicale réclame la création de 60 postes de soignants. L'Agence régionale de Santé a débloqué une enveloppe d'un million d'euros au mois de juillet pour réaliser des travaux et embaucher du personnel. "Ça représente pour nous la possibilité de 10 infirmiers supplémentaires, et cela nous permet aussi de financer des travaux pour améliorer les chambres des patients, et puis de financer le recours à de l'intérim médical, ce que l'on ne faisait pas jusqu'alors", explique Pierre Alban Pillet, directeur des Ressources Humaines à l’hôpital Pinel.

Pour Julie Cormier, psychiatre à l'hôpital, il faudrait rouvrir un service, pour pallier à la suroccupation. Certains services, dit-elle, ont 26 patients au lieu d'une vingtaine : "L'un des problèmes de l'hôpital Pinel, c'est la difficulté d'orienter des patients qui n'ont plus besoin de soins urgents psychiatriques vers des structures médico-sociales en aval. Le problème, c'est que c'est le quatrième service qui a fermé au mois de juillet, sans que soient augmentées les capacités des prises en charge en extérieur. On fait un petit peu les choses à l'envers !". 

Julie Cormier, psychiatre

"Des médecins ont envisagé de quitter l'hôpital"

Dans certains services, au lieu d'avoir cinq médecins, il n'y en a plus qu'un actuellement selon le Dr. Cormier : "Beaucoup de collègues, voyant leurs conditions de travail se dégrader, et ne pouvant plus apporter les soins qu'ils souhaitaient apporter à leurs patients de façon digne et dans la sécurité, ont envisagé de quitter l'hôpital Pinel."

Pierre Alban Pillet, directeur des Ressources Humaines à l’hôpital Pinel

Pour Pierre Alban Pillet, "des médecins sont partis en retraite, d'autres ont quitté la région, et d'autres préfèrent s'installer en libéral, estimant que les conditions de travail à l'hôpital public ne sont pas satisfaisantes par rapport aux conditions d'exercice en libéral."

Christine Van Kemmelbeke, directrice adjointe de l’offre de soins à l'Agence Régionale de Santé des Hauts-de-France - Radio France
Christine Van Kemmelbeke, directrice adjointe de l’offre de soins à l'Agence Régionale de Santé des Hauts-de-France © Radio France - Pauline Pennanec'h

Changer le mode de prise en charge

Pour réorganiser les services, des services ont été supprimés, mais l'ARS assure que 20 infirmiers ont été redéployés sur d'autres services, en plus des 10 embauches prochaines. Le centre doit évoluer dans ses pratiques professionnelles, ce qui fait partie d'un grand projet médical, selon la directrice adjointe de l’offre de soins à l'Agence Régionale de Santé des Hauts-de-France Christine Van Kemmelbeke : "À l'hôpital Philippe-Pinel, on a notamment des durées moyennes d’hospitalisation qui sont plus longues qu'ailleurs, c'est un taux d'hospitalisation complète plus important qu'ailleurs. Tout ceci se traduit par une mobilisation de moyens plus important, ce qui peut générer effectivement un ressenti de manque de moyens par les personnels." 

On a cette prise de conscience, on a cette évolution qui est attendue, maintenant, il faut une mise en oeuvre concrète de ce projet médical rénové — Christine Van Kemmelbeke

Christine Van Kemmelbeke, directrice adjointe de l’offre de soins à l'Agence Régionale de Santé des Hauts-de-France

La réorganisation en cours a pour objectif de changer de mode de prise en charge : "C'est permettre au patient, non pas une prise en charge hospitalière en hospitalisation complète, mais une prise en charge par des structures de ville. C'est une évolution qui est globale, et la communauté hospitalière partage ces constats et s'inscrit dans la démarche", explique Christine Van Kemmelbeke. L'Agence régionale de santé propose une nouvelle rencontre en septembre.