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Dossier : Coronavirus Covid-19

Hôpitaux de Strasbourg : la tension monte en réanimation

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Par , France Bleu Alsace, France Bleu Elsass

La situation est loin d'être celle du printemps, mais dans les hôpitaux de Strasbourg, la tension monte. En Alsace, 222 personnes sont hospitalisées et 31 sont en réanimation. Mais au vu des contaminations ces derniers jours, les soignants de préparent à la deuxième vague du Covid-19.

Le nouvel hôpital civil de Strasbourg
Le nouvel hôpital civil de Strasbourg © Radio France

Dans son service de réanimation médicale, le professeur Ferhat Meziani compte les lits restants : "Il ne nous en reste plus que deux disponibles, sur 55 au total. On va bientôt devoir mobiliser d'autres services", s'inquiète-t-il. Pour le moment, seuls 11 lits sont occupés par des cas de Covid. Les autres sont touchés par des pathologies typiques de l'automne : gastro-entérites ou bronchites notamment. 

La marge de manœuvre n'est donc pas la même qu'au printemps. Et les cas de Covid augmentent rapidement : ce dimanche 25 octobre, il y avait au total 222 patients atteints de Covid hospitalisés en Alsace (une hausse de 11 hospitalisations en 24h), dont 31 en réanimation.

Au Nouvel Hôpital Civil, Ferhat Meziani voit dangereusement monter le nombre de patients pris en charge dans les étages inférieurs, aux services des maladies infectieuses ou de pneumologie notamment, dont une partie va forcément se retrouver en réanimation. "On s'attend mathématiquement à avoir des patients en réanimation ces prochains jours, notre charge de travail va augmenter progressivement", anticipe Ferhat Meziani.  

"Le service est rempli, nos 23 lits sont occupés, on a eu ces derniers jours une augmentation très significative", confirme Yves Hansmann, le chef du service des maladies infectieuses. Au total, plus de 60 patients sont pris en charge dans les services "conventionnels" de l'hôpital.

"La moyenne d'âge est un peu plus élevée ces derniers jours aux alentours de 70 ans, mais on a aussi des patients de 30 ans" - Ferhat Meziani, chef du service de réanimation médicale au Nouvel Hôpital Civil

Pour libérer des lits, la direction a donc mis en place un plan de déprogrammation d'opérations. "Depuis quelques jours, ça commence clairement à avoir un impact sur le fonctionnement de l'hôpital, avec des modifications de l'organisation, des plannings, des services, etc..." raconte Yves Hansmann. "Les patients Covid qui vont arriver cette nuit, je ne sais pas où on va les mettre", s'inquiète ainsi Sébastien Harscoat, médecin urgentiste au Nouvel Hôpital Civil et médecin régulateur au SAMU. "On a remis en place un poste médical avancé, pour trier en amont l'entrée des urgences. Et puis sur nos trois zones d'accueil des ambulances, on en a désormais deux réservées pour les patients Covid. Jusqu'à mercredi dernier, il n'y en avait qu'une mais ce n'était plus suffisant".

Deux semaines de vacances seulement depuis janvier

Pour les personnels, c'est un cauchemar qui se répète, la situation commence à être très difficile à vivre. "Nous avons clairement vécu la première vague comme un traumatisme. On voyait des malades très lourds, une maladie inconnue, une surcharge de travail très importante. On a repris un peu nos esprits et nos forces, mais c'est très anxiogène de se dire qu'on va repartir là-dedans, humainement c'est difficile" avoue Ferhat Meziani. 

Il n'a pas eu besoin de rappeler des personnels en vacances, mais le climat de tension est très perceptible : "Le personnel est parti en congé mais n'est pas reposé. Quand vous passez tous vos congés à vous dire "qu'est-ce qui va m'arriver au retour ?", ce n'est pas une vraie pause. Moi j'ai pris deux semaines en tout et pour tout depuis le mois de janvier, la fatigue s'accumule. On s'attend à un exercice très difficile".

Seule petite lueur d'espoir : "Sur l'équipement, ça va beaucoup mieux qu'au mois de mars, on n'est pas du tout en déficit de masques, de blouses ou de respirateurs, etc", se félicite Yves Hansmann. L'hôpital de Strasbourg a notamment effectué plusieurs achats de respirateurs, qui ont manqué lors de la première vague. "Ce n'est pas l'équipement qui pose problème, les tensions se situent au niveau des ressources humaines, il y a beaucoup de postes notamment d'infirmières, qui ne sont pas pourvus". Selon une source médicale, plus de 150 postes sont vacants dans les hôpitaux de Strasbourg.

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