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Santé – Sciences

Dr Simon : "Oui, il y a une vie sexuelle après 60 ans !"

lundi 27 mars 2017 à 11:32 Par Soline Demestre, France Bleu Belfort-Montbéliard et France Bleu

Les personnes de plus de 60 ans sont invitées par l'association Siel Bleu à deux conférences, ce lundi à Giromagny, et demain mardi à Belfort, pour parler sexualité. Elle seront animées par le Dr Gérard Simon, gériatre à l'hôpital Nord Franche-Comté, qui a répondu à nos questions.

Couple de personnes âgées
Couple de personnes âgées © Maxppp - Julio PELAEZ

Giromagny, France

Comment s'aimer après 60 ans ? Quelle vie sexuelle après la retraite ? Autant de questions qui seront abordées librement lors de deux conférences organisées par l'association Siel Bleu, ce lundi à Giromagny, et demain mardi à Belfort. Le conférencier, le gériatre Gérard Simon a répondu à nos questions.

Pourquoi cet âge fatidique des 60 ans ? On est encore jeune à 60 ans...

Dr Simon : Bien sûr qu'on est encore jeune à 60 ans, mais surtout je veux dire qu'on peut tomber amoureux à n'importe quel âge. On peut tomber amoureux à 90 ans comme on tombe amoureux à 16 ans et ça déjà c'est un élément rassurant. La sexualité chez les seniors c'est un sujet encore tabou mais c'est aussi un sujet surprenant. Il y a une étude de l'Université de Manchester qui date de 1985 qui concerne 7.000 personnes de plus de 70 ans, et qui inclut, et c'est rare, les plus de 80 ans. Et bien cette étude montre que plus de moitié des hommes et le tiers des femmes restent sexuellement actifs et un tiers d'entre eux ont au moins deux rapports sexuels par mois.

Est-ce que la sexualité change réellement après 60 ans ?

Dr Simon : Oui la sexualité change, se transforme. D'abord il y a l'âge de la retraite. le couple se retrouve et parfois ce n'est pas facile si ça n'a pas été préparé. Ça peut être un nouveau départ comme ça peut être source d'une séparation. Deuxièmement, il y a les problèmes physiques ou mentaux. C'est clair que quand on est dépressif on n'est pas très enclin à avoir des relations amoureuses. Enfin, il y a les difficultés par exemple pour les femmes à avoir une excitation ou à atteindre le plaisir ou pour les hommes à avoir une érection. Donc effectivement la sexualité se transforme, se modifie mais elle reste dans la grande majorité des cas, encore possible.

La génération qui a plus de 60 ans aujourd'hui a-t-elle la même sexualité que celle de la génération précédente ?

Dr Simon : Non pas du tout ! Cette génération qui a connu la libération sexuelle a des exigences plus importantes, parle plus facilement de l'amour, de la sexualité et lors des conférences, c'est l'occasion de libérer la parole et de lever les tabous et les mythes. Parce que l'amour, la sexualité, c'est bon pour la santé. La longévité est augmentée, c'est bon pour notre équilibre mental et physique, c'est bon pour l'harmonie du couple, à l'image de ces bonobos qui lorsqu'ils ont un petit conflit préfèrent, plutôt que de se battre, avoir une relation sexuelle brève mais salvatrice puisque après tout va mieux !

On voit encore peu de représentations de la sexualité chez les seniors à la télé ou dans la pub par exemple ?

Dr Simon : C'est vrai. On a encore quelques difficultés à en parler mais tout ça évolue assez rapidement. J'ai fait des enquêtes dans des établissements d'hébergement pour personnes âgées, où le gros problème c'est finalement de trouver un partenaire puisqu'il y a 80% de femmes pour 20% d'hommes. Mais les pensionnaires se sont livrés et ils ont encore des envies, du désir, du plaisir.

Et justement en maison de retraite, où l'intimité est parfois limitée, il y a une place pour la sexualité ?

Dr Simon : Les choses avancent et avancent assez vite. Les gens commencent à avoir des exigences par rapport à la sexualité et à leur plaisir et ils sont en demande d'une certaine liberté. Quand on entre en maison de retraite, on ne dépose pas armes, bagages, sexe et amour à l'entrée. On continue à vivre en tant qu'être humain avec toutes les facettes de cet amour, de cette sexualité, les facettes physiques, mentales, sociales, culturelles. L'amour et la sexualité ce n'est pas obligatoire mais, je le répète, c'est quand même un bon élément pour bien vivre.

Conférences lundi 27 mars à la mairie de Giromagny de 14h à 16h, et mardi 28 mars à la maison de quartier des Glacis de 14h à 16h