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Santé – Sciences

Île-de-France : l'hôpital en surchauffe cet été ?

lundi 2 juillet 2018 à 6:42 Par Bénédicte Robin, France Bleu Paris

Les mois de juillet et août risquent d'être tendus dans les services d'urgences franciliens. Il manque 150 médecins urgentistes en Île-de-France, alors quand arrivent les congés d'été et les vacances des praticiens, les plannings de garde deviennent compliqués à boucler.

Il manque 150 médecins urgentistes en Île-de-France
Il manque 150 médecins urgentistes en Île-de-France © Maxppp - Alexis Sciard

Île-de-France, France

A l'hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis), Frédéric Adnet, le chef du service des urgences, a bouclé ses plannings pour l'été mais il ne cache pas que la période estivale se passera "sous tension. Il manque deux urgentistes alors il faut compenser. Les autres font des heures supplémentaires" pour qu'il n'y ait pas de trou et pour éviter aussi d'avoir recours à des médecins intérimaires. "Mais c'est sans filet", précise-t-il. "Si j'ai un absent, un arrêt maladie impromptu, je n'ai pas de solution".

L’organisation est la même à l'hôpital européen Georges Pompidou où Philippe Juvin, le chef des urgences "a tiré un peu les plannings pour passer l'été, comme chaque année. Mais le rôle du chef de service reste bien de veiller à ce que tous les congés soient répartis tout au long de l'année pour éviter trop de tensions" quand arrivent les grandes vacances.

Alors certes, c'est un problème qui se pose tous les ans mais il irait en s'intensifiant. "Avant c'était dans les petits hôpitaux que ça coinçait le plus, aujourd'hui même les plus grands sont touchés", constate Frédéric Adnet.

150 postes de médecins urgentistes sont vacants en Île-de-France et ne trouvent pas preneurs

L'Agence Régionale de Santé (ARS) d'Île-de-France ne dit pas autre chose. Elle a menée une étude auprès des services d'urgence des la région en avril dernier. De cette étude, il est ressorti que la région manquait de 150 médecins urgentistes. 150 postes qui ne trouvent pas preneur. La région a également perdu beaucoup de praticiens. 73 ont démissionné en 2017, 51 ont été mutés ailleurs. Et le problème c'est qu'il est difficile de recruter car on manque tout simplement de médecins formés.

A cela s'ajoute un problème d'attractivité de la région Île-de-France explique Didier Jaffre, le directeur de l'offre de soin à l'ARS. Cela peut paraître étonnant, mais la région capitale n'attire pas spécialement les jeunes médecins. "La région est la deuxième sinistrée en matière de médecin traitants" poursuit Didier Jaffre. "Cela signifie que plus d'un Francilien sur trois n'a pas accès à un médecin traitant comme il le devrait sur une année. Cela équivaut à quatre millions et demi d'habitants".

Un pool régional de médecins volontaires urgentistes

En attendant de compenser ce déficit pour lequel elle dit mener des actions, l'ARS doit aussi faire face à l'urgence de l'été. Depuis l'an dernier, elle a mis en place un "pool régional de volontaires urgentistes", une sorte de plate-forme sur laquelle les hôpitaux qui manquent de médecins s'inscrivent. Les établissements qui le peuvent sont invités à envoyer leurs propres médecins en renfort. "Nous essayons de créer une dynamique de solidarité" explique Didier Jaffre qui ajoute qu'une trentaine de plages de vacation ont ainsi être comblées. Cela reste bien modeste quand on sait que ce sont plus d'un millier de plages qui manquent de médecins sur les deux mois d'été. Pour autant, Didier Jaffre l'affirme, il est "serein, les services d'urgences tourneront cet été".

La France en manque de médecins

Ce qu'il faut c'est "arrêter immédiatement le numerus clausus en fin de première année de médecine" presse Christophe Prudhomme, médecin urgentiste à l'hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis), porte-parole de l'association des médecins urgentistes de France et membre de la CGT Santé. "On a crée cette pénurie et maintenant il faut y mettre fin le plus rapidement possible. _On a plein de jeunes qui veulent être médecins, on manque de médecins, et on n'ouvre pas les universités_" s'insurge-t-il. On marche sur la tête !"

De son côté, la ministre de la santé, Agnès Buzyn, a convenu qu'il manquait bien des médecins en France, qu'on n'en avait pas assez formé ces dernières années. La ministre doit présenter dans le courant de l'été les grandes orientations pour un réforme du système de santé