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Coronavirus : pourquoi les patients Franciliens en réanimation sont plus jeunes depuis un mois

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Par , France Bleu Paris

Des patients plus jeunes en réanimation : c'est le constat dans les hôpitaux franciliens depuis bientôt un mois. L'âge médian des malades est passé de 67 à 65 ans. La situation se rapproche de celle de la première vague, alors que les taux d'incidence sont très élevés et le pic encore à venir.

Les lits de réanimations à l'hôpital André Grégoire de Montreuil sont tous occupés
Les lits de réanimations à l'hôpital André Grégoire de Montreuil sont tous occupés © Radio France - Rémi Brancato

Une troisième vague marquée par un rajeunissement des patients : dans les services de réanimation des hôpitaux franciliens, depuis fin février, "on a plutôt tendance à prendre des malades plus jeunes". Cette semaine, Jean-François Timsit, chef de la réanimation à l'hôpital Bichat à Paris, a dû intuber une femme de 31 ans et un homme de 43 ans, atteints de comorbidités. 

L'Agence Régionale de Santé d'Île-de-France le confirme : depuis fin février, la moitié des patients admis en réanimation a moins de 65 ans, alors que c'était jusqu'à présent 67. Une tendance au rajeunissement qui rappelle le pic de la première vague épidémique, en avril 2020, où l'âge médian était descendu jusqu'à 61 ans dans les services de réanimation franciliens.

De 30 à 60 ans, un taux d'incidence élevé 

Au 17 mars, 31,3% des patients en réanimation en Île-de-France avaient entre 30 et 60 ans (364 personnes) : un chiffre semblable au pic de l'épidémie mi-avril 2020 où ils représentaient 32% des malades dans ces services, et plus élevé que lors de la deuxième vague en novembre (24,4%). Mais aujourd'hui, avec un confinement bien moins strict qu'au printemps 2020, la situation risque de déraper davantage selon le personnel hospitalier, d'autant que le virus circule désormais bien plus activement.

La semaine dernière, le taux d'incidence dans cette catégorie d'âge s'élevait à 651 nouveaux cas pour 100.00 habitants. Un chiffre en hausse constante, qui atteint aussi des records chez les vingtenaires, avec un taux de 710 dans la région. En moyenne, pour l'ensemble de la population Francilienne, il était de 560, et dépasse désormais les 600 cas a indiqué le Premier ministre ce jeudi, en visite à l'hôpital de Melun (Seine-et-Marne). Le nombre de malades jeunes augmente encore cette semaine, et pourrait donc dépasser les pics des premières et deuxièmes vagues dans les prochaines semaines en réanimation.

Sur-représentés en réanimation

Cela a déjà un impact sur l'arrivée de patient plus jeunes en réanimation. En un mois, le nombre de malades âgés de 40 à 60 ans accueillis dans ces services a augmenté de 86%, plus que la hausse toutes classes d'âges confondues (+73%). "Les raisons sont multi-factorielles, estime Jean-François Timsit, chef du service réanimation à l'hôpital Bichât à Paris. Soit c'est réellement la maladie qui rajeunit, soit on a tellement laisser monter l'incidence chez les plus jeunes qu'une certaine proportion va développer des formes graves."

De quoi inquiéter les hôpitaux, qui redoutent une prise en charge particulièrement longue pour ces patients. "Quand vous êtes jeunes, vous avez plus de chances de vous en sortir, donc d'être exposé à des durées de ventilation plus longues, explique Vincent Das, à la tête du service réanimation de l'hôpital André Grégoire à Montreuil. Dans ce sens, il peut y avoir des _durées de séjours prolongées par rapport à des personnes dont le pronostic est plus mauvais et qui meurent_." 

Effet du variant britannique ? 

Le variant britannique peut-il expliquer le rajeunissement des malades qui développent des formes graves et se retrouvent donc pris en charge en réanimation ? "Avec le variant anglais plus contagieux, _on s'attend à des pics d'hospitalisations plus élevés qu'au printemps 2020_, expliquait ce mercredi à France Bleu Paris Yves Cohen, chef du service réanimation à l'hôpital Avicenne de Bobigny. On a plus de jeunes depuis 15 jours."

Pourtant, "on n'observe pas ce phénomène de rajeunissement au Royaume-Uni", indique le chef du service réanimation à l'hôpital Bichat. "D'après les statistiques anglaises, ce n'est pas le cas, précise-t-il. On est surpris que ce soit le cas chez nous, je ne pense pas que le variant explique le rajeunissement, c'est plutôt l'incidence qui est dramatiquement élevée." Un phénomène qui entraîne un effet déformant : avec un nombre plus important de malades à soigner, les cas de Covid les plus graves et les plus jeunes sont pris en charge en priorité. Comme un retour des "choix éthiques" que les soignants comme le gouvernement voulaient à tout prix éviter.

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