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Santé – Sciences

"Implant Files" : le centre anti-cancer Baclesse n'implante plus de prothèses texturées à Caen

jeudi 6 décembre 2018 à 6:01 - Mis à jour le jeudi 6 décembre 2018 à 14:46 Par Nolwenn Le Jeune, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) et France Bleu

Conséquence de l'enquête "Implant Files" : le centre anti-cancer Baclesse à Caen n'implante plus de prothèses texturées en attendant les conclusions de l'agence de sécurité du médicament au printemps. Mais le centre veut rassurer ses patientes. Aucun lien n'est établi avec l'apparition de lymphome.

Marie-Yolande Louis, chirurgien plastique et reconstruction au centre anti-cancer François Baclesse implante des prothèses texturées depuis une dizaine d'années.
Marie-Yolande Louis, chirurgien plastique et reconstruction au centre anti-cancer François Baclesse implante des prothèses texturées depuis une dizaine d'années. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

Caen, France

Depuis les révélations de l'enquête "Implant Files", qui dénonce notamment la facilité avec laquelle les fabricants peuvent obtenir le droit de commercialiser des dispositifs médicaux, le centre anti-cancer François Baclesse a préféré jouer la prudence. En attendant les conclusions de l'enquête de l'agence nationale de sécurité du médicament au printemps prochain, il suspend l'implantation de prothèses mammaires texturées.

Sur femmes 500 000 implantées en France, 53 sont atteintes d'un lymphome

L'enquête "Implant Files", menée dans le cadre du Consortium international de journalistes d'investigations, dont ceux de Radio France, a notamment révélé 53 cas de lymphomes anaplasiques chez des femmes ayant reçu une prothèse mammaire texturisée. 53 femmes sur 500 000 implantées en France. Depuis la diffusion du reportage, le centre François Baclesse a reçu une trentaine d'appels de patientes. "Certaines ont demandé à être vue en consultation même si elles n'avaient pas de signes particuliers, explique Marie Yolande Louis, chirurgien plastique et reconstruction, et toutes les dames qui ont appelé reçoivent un courrier pour leur dire qu'actuellement, il n'y a pas lieu, ni de retirer la prothèse, ni d'avancer la consultation de surveillance, ni de faire des examens complémentaires. Sauf si la personne présente des signes cliniques particuliers sur le sein concerné par la prothèse."

Aucun cas suspect depuis plus de 10 ans au centre François Baclesse. - Radio France
Aucun cas suspect depuis plus de 10 ans au centre François Baclesse. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

Aucun cas suspect depuis plus de 10 ans à Baclesse

Si un lien devait être établi entre la présence de ces prothèses et la survenue de lymphomes, des mesures seraient évidemment prises poursuit-elle. Mais depuis 10 ans que ces implants sont posés à Baclesse, elle ne recense aucun cas suspect. "On pose entre 130 et 150 prothèses par an, on revoit régulièrement les dames en consultation, il n'y a pas de signe inquiétant. Rien de suspect non plus quand on fait des prélèvements chaque fois qu'on retire une prothèse". Il s'agit des prothèses de la marque Allergan et leur aspect texturé, un peu granuleux, a été préféré jusqu'à présent aux implants lisses car ils ont moins de risque de bouger. En attendant les conclusions de l'enquête de l'agence nationale de sécurité du médicament au printemps prochain, le centre pose désormais des prothèses lisses.