Santé – Sciences

Infirmiers, médecins, aide-soignants en grève au service psychiatrique de l'hôpital de Niort

Par Mélanie Barbotin, France Bleu Poitou dimanche 23 octobre 2016 à 7:30

Le personnel psychiatrique de l'hôpital de Niort dénonce le manque de moyens.
Le personnel psychiatrique de l'hôpital de Niort dénonce le manque de moyens. © Radio France

Depuis samedi le personnel du service de psychiatrie du centre hospitalier de Niort est en grève. Ils étaient une soixantaine, hier, à l'appel des syndicats CGT, FO et CFDT. Ils souhaitent reconduire la grève jusqu'à ce qu'ils obtiennent les 18 créations de postes qu'ils réclament.

Infirmiers, aide-soignants et médecins du service psychiatrie de l'hôpital de Niort sont excédés. Ils dénoncent un manque de moyens qui joue sur la qualité des soins et du suivi des patients, très important pour les maladies mentales : schizophrénie, bipolarité ou encore dépression. Des maladies qui demandent beaucoup d'attention.

Une soixantaine de grévistes

Après trois jours de négociations avec la direction, qui se sont soldés par un échec. Le personnel s'engage dans une grève illimitée. Samedi, premier jour du mouvement, ils étaient une soixantaine à s'être réunis devant l'établissement. Tous dénoncent une dégradation de la qualité des soins à cause du manque de moyens humains. En cause le travail à flux tendu. "Dès qu'une personne est en arrêt maladie, elle ne peut pas être remplacée", s'agace un infirmier qui témoigne sous couvert d'anonymat.

Des semaines d'attente pour voir un psychiatre

Cela influe aussi sur les patients particulièrement fragiles en psychiatrie. "Les effectifs qui changent tout le temps les déstabilisent. Nous ne remplaçons pas une prothèse de hanche, ce sont des humains en souffrance". Certains malades sont contraints d'attendre plusieurs semaines voire plusieurs mois pour un rendez-vous chez leur psychiatre, selon les médecins en colère, alors que les patients atteint de maladie mentale ont besoin d'un suivi régulier.

Trois ou quatre WC pour 20 personnes

L'ancienneté des locaux, dans certains bâtiments, sont aussi montrés du doigt par les grévistes. "Tous les patients n'ont pas de sanitaires dans leur chambre. Il y a trois ou quatre WC pour 20 personnes".

De son côté la direction assure faire le maximum avec les moyens financiers qu'elle possède. "Je suis prêt à créer un poste à temps plein et un autre à 80% en plus des deux autres créés l'année dernière", se justifie le directeur Bruno Faulconnier.

Un budget financier serré

Des efforts insuffisants pour les grévistes, qui ont dû supprimer des ateliers thérapeutiques à cause du manque de personnel. Ils souhaitent continuer le mouvement jusqu'à l'obtention des 18 postes supplémentaires qu'ils réclament. Un nombre irréaliste pour la direction et qui mettrait en danger l'équilibre financier de l'établissement.

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