Santé – Sciences

INVITE - "Il n'est pas question de fermer les hopitaux de proximité !"

Par Christophe Tourné, France Bleu Bourgogne jeudi 6 octobre 2016 à 10:09

Didier Jaffre, le directeur de l'organisation des soins à l'ARS de Bourgogne - Franche-Comté
Didier Jaffre, le directeur de l'organisation des soins à l'ARS de Bourgogne - Franche-Comté

L'Agence régionale de la Santé vient d'officialiser la fermeture des urgences de Montbard. Elles font les frais d'une nouvelle réorganisation qui entre en vigueur à compter du lundi 10 octobre.". Le directeur de l'organisation des soins de l'ARS s'en explique.

Les urgences de Montbard ont vécu. Elles sont sacrifiées sur l'autel d'une nouvelle réorganisation qui entrera en vigueur du 10 octobre. L'ARS explique que ces urgences n'étaient "plus en capacité de fonctionner en respectant les normes de sécurité des soins". Les urgences vitales en journée, la nuit et le week-end seront prises en charge par les SMUR de Semur-en-Auxois et Châtillon-sur-Seine, et si besoin, par Beaune.

Le directeur de l'organisation des soins à l'Agence régionale de la Santé en Bourgogne- Franche-Comté, Didier Jaffre, se veut rassurant

"Il n'est pas question de fermer les hôpitaux de proximité.Au contraire, on les renforce. Et le cas typique, c'est celui de Montbard. Nous avions des difficultés à trouver des urgentistes. Il n'y avait tout simplement plus de docteurs pour assurer le service, or le dispositif vise à ce que l'ensemble des acteurs, que ce soit les médecins libéraux, les ambulanciers ou le centre 15, travaillent ensemble pour justement apporter une réponse 24H/24 à l'ensemble des habitants.»

On ne ferme pas ce service tout simplement par manque de moyens ?

« Non. C'est tout simplement parce que nous avons des conditions d'attractivité de nos praticiens qui sont difficiles. La ministre de la Santé s'est exprimée cette semaine. Sur la Haute Côte-d'Or, nous avons des difficultés de recrutement et nous avions un service des urgences à Montbard qui ne fonctionnait pas de manière correcte puisqu'un service des urgences ou autre qui n'a pas de docteur ne peut pas fonctionner. Pour autant, nous avions un service des urgences à Semur, un autre à Chatillon-sur-Seine, nous avons une maison de santé avec des médecins pluriprofessionnels à Montbard et donc l'idée, c'est avec l'ensemble de ces professionnels de trouver un dispositif qui fonctionne tout le temps. »

Combien cette fermeture des urgences va t'elle permettre d'économiser ? C'est chiffré ?

"Elle permet de ne rien économiser puisque nous avions obtenu le financement complet du service et du SMUR mais nous n'avions pas les docteurs. Donc on réinjecte l'argent pour financer une garde ambulancière la journée, ce qui n'existait pas jusqu'à présent. Les ambulanciers privés sont d'accord pour monter une garde. Nous allons la financer à hauteur de 650 euros par jour."

En cas d'accident, que va t'il se passer pour les habitants ?

"Un geste. C'est d'appeler le 15 et c'est le médecin régulateur du centre 15 de Dijon qui va orienter et déclencher le meilleur dispositif. Soit c'est une urgence qui n'est pas vitale et auquel cas, le médecin va dire à la personne : soit vous vous rendez à la maison de santé de Montbard, soit on vous met à disposition une ambulance pour vous y rendre et ils sont reçus par le médecin à la maison de Santé. Soit c'est une urgence vitale, un AVC, un infarctus ou autre. Là, de deux choses l'une. Soit le médecin régulateur peut déclencher l'hélicoptère si c'est vraiment très très urgent. Et donc l'hélicoptère va aller chercher le malade. Soit il oriente le patient vers le centre hospitalier de Semur qui a un plateau chirurgical pour l'opérer. Là aussi, il déclenche l'ambulance ou les pompiers."

Y a t'il d'autres structures qui risquent de connaître le même destin en Bourgogne - Franche-Comté ?

"Nous renforçons vraiment les hôpitaux de proximité parce qu'on pense que c'est un facteur incitatif pour les professionnels de santé libéraux, notamment les jeunes médecins généralistes. Nous mettons en place par exemple à Château-Chinon (58) où il n'y avait pas du tout de service d'urgence, une antenne de régulation de service d'urgences. Elle va fonctionner là aussi avec des médecins libéraux formés aux premiers gestes, avec l'hôpital, le centre 15 de Nevers et on a même financé un véhicule spécifique, de manière à ce qu'il y ait une réponse qui n'existait pas du tout aujourd'hui et on travaille comme à Montbard pour avoir une hélistation qui puisse accueillir un hélicoptère 24H/24 et avec les équipements nécessaires. »

A Montbard, d'autres services vont connaître le même sort que les urgences ?

La réponse est non !

L'interview de Didier Jaffre

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