Santé – Sciences

IRM en Auvergne : pourquoi les délais sont si longs

Par Gaëlle Fontenit et Alexandre Chassignon, France Bleu Pays d'Auvergne mardi 8 juillet 2014 à 20:10

L'IRM de l'hôpital de Montluçon.

Il faut près de deux mois pour passer une IRM en Auvergne, selon une étude commandée chaque année par une association. La situation s'est dégradée en 2013 dans la région (quatrième de ce triste classement), comme en moyenne en France. L'Agence régionale de santé va vérifier que les appareils en service sont utilisés à pleine capacité.

Les objectifs des différents plans de lutte contre le cancer semblent bien loin. Etape indispensable dans le diagnostic, l'examen par imagerie à résonnance magnétique (IRM) devrait se faire dans un délai maximum de 15 à 20 jours. Il en faut en réalité le double en France (37,7 jours), le triple en Auvergne (56,4 jours), selon le baromètre annuel de l'association Imagerie santé avenir.

Pire encore, la situation se dégrade, comme elle a tendance à le faire depuis 10 ans. L'IRM est de plus en plus utilisée pour diagnostiquer et surveiller, outre les cancers, les maladies cardivasculaires et les accidents vasculaires .

Pour diagnostiquer leurs patients, les médecins font ce qu'ils peuvent. Le Dr Dominique Meyer, rhumatologue à Saint-Flour, "se rabat sur un scanner". L'examen est plus accessible mais moins précis, donc souvent insuffisant. Et il faut alors tout de même passer une IRM. A l'arrivée, regrette le praticien, "on a iradié le patient (lors du scanner) et ça fait **deux examens à payer pour la Sécu** ". Pénurie de... médecins ---------------------- Le faible nombre d'IRM dans les hôpitaux et cliniques est bien sûr la principale cause de ces difficultés. Mais dans certains cas les établissements manquent de médecins pour interpéter les images. "C'est le cas dans des spécialités qui demandent une grande expérience, comme les examens radioneurologiques. Il y a une pénurie de gens compétents", observe le Dr Alain Isnard, directeur du centre d'imagerie du Pôle santé République à Clermont-Ferrand. L'établissement privé clermontois a eu en 2011 l'autorisation d'installer une seconde IRM. L'investissement lui a permis de diviser par plus de deux ses délais avant un rendez-vous. D'autres feu verts ont été donnés, à l'hôpital de Vichy et à la clinique de la Châtaigneraie à Beaumont. Il y a en tout 11 IRM installés en Auvergne, 13 autorisés, et 16 prévus pour 2016. Est-ce suffisant ? Le directeur de l'offre hospitalière à l'Agence régionale de santé, Hubert Wachowiak, annonce sur France Bleu Pays d'Auvergne qu'il va lancer un audit pour vérifier que les appareils existants sont bien utilisés. Ensuite seulement les autorités sanitaires envisageront d'en autoriser davantage. > "Est-ce que les IRM actuelles fonctionnent tous les jours ?" 

"Est-ce que les IRM actuelles fonctionnent tous les jours ?"

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