Santé – Sciences

IRM : toujours plus d'attente, toujours plus d'inégalités

Par Marie Mutricy, France Bleu mardi 8 juillet 2014 à 12:52

Un examen IRM à l'hôpital de Béthune - photo d'illustration
Un examen IRM à l'hôpital de Béthune - photo d'illustration © MaxPPP

Les délais d'attente pour passer un examen d'IRM s'allongent encore en France selon la dernière enquête de l'association Imagerie Santé Avenir publiée lundi. C'est même la pire année depuis 11 ans, selon l'ISA, alors que cet examen permet notamment de détecter la présence d'un éventuel cancer chez le patient.

En 2012, il fallait attendre 29 jours pour passer une IRM "en urgence" recense l'association Imagerie Santé Avenir (ISA) dans son enquête annuelle, publiée lundi. Ce délai est passé à 30,5 jours en 2013 et en 2014, il faut attendre 37,7 jours en moyenne ! Pourtant, l'examen est notamment prescrit quand le médecin veut vérifier si le patient est atteint ou non d'un cancer.C'est en dessous des objectifs du dernier Plan cancer 2014-2019 qui a fixé le délai d'attente pour un IRM à 20 jours.

Les inégalités se creusent entre les régions

Aucune des régions où le taux de mortalité par cancer est élevé ne passe sous la barre des 30 jours d'attente, à part le Nord-Pas-de-Calais, avec 26,3 jours.Les délais dépassent les 50 Jours dans certaines régions comme la Bretagne, l'Alsace, la Lorraine, l'Auvergne, les Pays de la Loire, et même 64 jours en Basse-Normandie ! La Basse-Normandie qui fait partie des quatre régions les moins équipées de France avec la Bourgogne, les Pays de la Loire et la Corse.C'est mieux en Ile-de-France et Provence-Alpes-Côtes d'Azur, avec un délai de 30 jours. Pourtant, l'an dernier, en région parisienne, il ne fallait attendre que 22,6 jours en moyenne.

IRM : selon les régions, il y a plus ou moins de délais - Aucun(e)
IRM : selon les régions, il y a plus ou moins de délais

La France sous-équipée ?

Pour l'association Imagerie Santé Avenir, la cause de ces délais est le sous-équipement de la France . L'ISA préconise de doubler le nombre d'appareil d'IRM pour se rapprocher du taux d'équipement de la plupart des pays d'europe de l'ouest.L'IRM permet de détecter des AVC, des maladies cardiaques et la présence et la progression des cancers. Avec 365.000 nouveaux cas de cancer par an et plus d'un million de patients sous traitement pour cette maladie depuis moins de 5 ans, le nombre de machines d'IRM est bien insuffisant pour répondre aux besoins , selon le Professeur Boudghène, spécialiste de radiologie et président de la Fédération de l'imagerie du cancer.