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Santé – Sciences

"J’en ai marre de mettre en jeu mon diplôme tous les jours" : le cri d’alarme des urgentistes du CHU de Dijon

mercredi 11 juillet 2018 à 22:28 Par Lila Lefebvre, France Bleu Bourgogne

Pas assez de lits, pas assez de personnels, le service des urgences du CHU de Dijon est noyé dans les flots de patients. Les urgentistes lancent un dernier cri d’alerte à leur direction.

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. © Maxppp - Olivier Arandel

Dijon, France

16h00 aux urgences du CHU de Dijon ce mercredi, une vingtaine de personnes sont assises dans la salle d’attente, à ce moment pourtant considéré comme  « un creux »  dans l’activité du service. Un peu plus loin, cinq patients sont installés sur des brancards. « Et encore, lundi, ils étaient vingt !  », s’insurge François Thibault, délégué syndical CGT au CHU. 

"J'en ai marre de mettre en jeu, tous les jours, mon diplôme" — Médecin urgentiste au CHU de Dijon

"Quand j'arrive pour mes gardes de nuit, poursuit un médecin urgentiste_, je regarde le nombre de lits qu'on m'a laissé dans d'autres services pour mes patients, aujourd'hui il y en a 5, c'est inadmissible".  _Pourtant, la direction s'était engagée, en mars dernier, à en fournir 20 de plus. Dans un relevé de décisions produit par la direction de l’établissements le 9 mars dernier à l’issue d’une rencontre avec les urgentistes, l’hôpital s’engageait à porter à 41, le nombre de lits d’aval (après le parcours de soin en urgence quand le patient est stabilisé) pour libérer des places pour les nouveaux patients. 

"On ne peut plus travailler dans ces conditions sans mettre les patients en danger", assène l'urgentiste. "Je viens travailler la boule au ventre, j'en ai marre de mettre en jeu, tous les jours, mon diplôme".

La goutte d’eau 

Les personnels attendent donc depuis mars dernier des actions concrètes de la part de la direction. Mais le week-end dernier une nouvelle anomalie a réenclenché leur colère. Dans la nuit du samedi 30 juin au dimanche 1er juillet, la garde des urgences n’a été tenue que par deux médecins au lieu de trois, expliquent les équipes soignantes dans une lettre envoyée à la direction. Le troisième médecin n’est pas venu car il n’en avait plus l’obligation. 

Pour bien comprendre il faut savoir que ce médecin n’appartient pas au service des urgences et était assigné d’office pour y faire une garde nuit, or une décision du Tribunal administratif de Dijon rend caduque cette démarche, le médecin en question n’avait donc pas pour obligation de venir. Une situation qui, toujours selon la lettre des syndicats devait être connue par la direction quelques jours avant. 

La réponse du CHU

Dans un communiqué, la direction du CHU reconnait les tensions au sein de son service des urgences. 

« Le service des urgences du CHU Dijon Bourgogne connaît depuis plusieurs semaines des difficultés, comme de nombreux services d’urgences en France, liées à une activité soutenue. Ces difficultés ont plusieurs origines qu’il est important de rappeler et de porter à la connaissance des usagers :

1. Le contexte général d’une pénurie de médecins référents mais également de spécialistes dans l’agglomération Dijonnaise et plus largement en Bourgogne conduit de nombreux usagers à recourir aux services d’urgences pour obtenir un accès aux soins. Cette activité affecte directement et indirectement les services d'urgences, sur l’activité médicale mais également sur les plateaux techniques (radiologie, biologie…).

2. Le CHU est l’établissement régional de recours et, à ce titre, il doit suppléer certaines défaillances conjoncturelles des hôpitaux périphériques ou de la médecine libérale avec pour conséquence une augmentation importante du nombre de patients accueillis.

3. Le rôle régional du CHU et les difficultés de certains autres établissements conduisent également à une augmentation de l’activité extrahospitalière des urgentistes, tels que la multiplication des transports SMUR et le soutien apporté au fonctionnement des centres d'appel du 15 des autres départements.

4. Des textes récents ont en parallèle réduit le temps de travail des urgentistes.

5. Enfin, le nombre insuffisant des médecins formés dans cette discipline aggrave cette situation.

Pour pallier ces difficultés, le CHU Dijon Bourgogne affecte aux urgences depuis de nombreuses années des médecins non-urgentistes pour assurer une garde de nuit. Suite à un mouvement national, ces médecins refusent désormais cette charge et sont en grève depuis plus d'un mois. Depuis le début de ce mouvement, le CHU assigne un médecin non-urgentiste par nuit pour maintenir les effectifs et donc la qualité de la prise en charge.

De plus, le CHU a accueilli le 1er juillet un nouveau chef de service des Urgences – SAMU/SMUR, le Pr Patrick Ray. Pleinement conscient des difficultés actuelles, celui-ci aura la charge d'organiser dans les prochaines semaines l'activité des médecins et de l'ensemble des personnels pour fluidifier les prises en charge et ainsi maintenir la qualité et la sécurité des soins. Dans ce cadre, il reçoit le soutien de la direction et de l’ensemble de la communauté médicale du CHU. Les problèmes présents existent mais la direction du CHU et la communauté médicale tiennent à affirmer aux patients que tout est mis en œuvre pour leur assurer le meilleur accueil et surtout une prise en charge de qualité. »