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Santé – Sciences

Jacqueline Hubert, directrice du CHU de Grenoble fait son bilan : "Mon quinquennat ne se résume pas à six mois de crise"

lundi 11 juin 2018 à 10:21 Par Adeline Divoux et Véronique Saviuc, France Bleu Isère

Après 5 ans de mandat, Jacqueline Hubert quitte la direction du centre hospitalier universitaire de Grenoble Alpes (CHUGA). Dès lundi 18 juin, elle rejoindra le ministère de la Santé.

Jacqueline Hubert était à la tête du CHU de Grenoble depuis 2013.
Jacqueline Hubert était à la tête du CHU de Grenoble depuis 2013. © Radio France - Adeline Divoux

Grenoble, France

Jacqueline Hubert répond à la question que tout le monde se pose : son départ est-il une sanction suite à la crise qui a touché l'hôpital de Grenoble ? "Je pense que 5 ans, c'est en général le mandat que l'on fait. L'année dernière j'ai déjà eu plusieurs propositions qui auraient pu me faire partir, donc c'est une continuité de ma carrière", répond-elle sur France Bleu Isère ce lundi matin. La directrice du CHUGA quitte ses fonctions ce vendredi 15 juin. Elle sera chargée, à partir de lundi 18 juin, de réfléchir à la réforme du financement du système de santé. Une mission qui lui a été confiée par le ministère de la Santé : "J'ai un background financier donc on a sûrement pensé que j'étais à même de travailler sur ces questions, puisque cela me passionne."

Le départ de Jacqueline Hubert intervient après une crise de plusieurs mois au sein du CHU de Grenoble. Des soignants ont dénoncé des situations de souffrance au travail et de harcèlement. "Je ne pense pas que mon quinquennat se résume à ces six derniers mois de crise. Essayons de positiver les choses. Oui, il y a eu un suicide pour raisons personnelles. Nous avons eu un rapport à charge", admet la directrice du centre hospitalier "_mais dire que que nous avons eu un management inhumain, je m'inscris en faux". C_e n'est pas la seule chose que l'on doit retenir de son mandat, selon elle : "Au bout de 5 ans, je pense que j'ai accompli les missions qui m'étaient données.

Jacqueline Hubert sur France Bleu Isère

"Il y a effectivement des conflits à l'hôpital" reconnait la directrice pour commenter le rapport du médiateur national Edouard Couty. "Peut-être qu'ils ont été assez violents à Grenoble et on ne peut que le déplorer". Mais mais pas question de mea culpa pour Jacqueline Hubert : "Nous sommes 9500 personnes à travailler au CHU, s'il y a des conflits entre cinq ou six personnes , quelle entreprise n'a pas ce type de conflits ?"

Un plan pour améliorer les conditions de travail

La directrice revient sur le plan d'action qu'elle a présenté début mai pour améliorer les conditions de travail au centre hospitalier. "Il y avait, il y a et il y aura des choses à faire dans ces très grosses maisons. Nous avons mis en place un plan d'action pour la prévention des cas de souffrance au travail et surtout des alertes", affirme Jacqueline Hubert. Elle ajoute : "Il ne faut plus jamais qu'un suicide ou que quelqu'un qui aille mal ne soit pas détecté. C'est extrêmement important." Autre mesure importante du plan selon la directrice, la limitation du nombre des heures supplémentaires "qui était trop important pour un certain nombre de nos personnels."

Parmi ses missions à venir, la réforme du financement du ministère de la Santé, dont la tarification à l'acte. "Elle a des défauts, puisqu'elle accentue trop la nécessité de faire tourner des malades très vite. Pour autant, elle a aussi des avantages : par exemple la possibilité de mettre en place de nouveaux projets", souligne Jacqueline Hubert. Elle admet qu'il va falloir retravailler certains points : "La tarification à l'activité ne marche absolument pas pour les maladies chroniques par exemple."