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Pollution : Jean-Baptiste Renard, un chercheur orléanais au cœur d'une polémique avec la RATP

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Par , France Bleu Orléans, France Bleu

Jean-Baptiste Renard, directeur de recherche au CNRS à Orléans, a réalisé une étude sur la pollution dans le métro parisien. Les résultats, inquiétants, ont aussitôt été contestés par la RATP. Le chercheur orléanais, lui, persiste et signe.

Jean-Baptiste Renard a lui-même mis au point l'appareil de mesure des particules fines LOAC utilisé depuis 2013 par le CNRS
Jean-Baptiste Renard a lui-même mis au point l'appareil de mesure des particules fines LOAC utilisé depuis 2013 par le CNRS © Radio France - François Guéroult

La pollution de l'air à l'intérieur des stations du métro parisien est-elle préoccupante ? Oui, a dénoncé mercredi l'association Respire, s'appuyant sur une série de tests effectués l'an passé. Non, a aussitôt répondu la RATP qui mis en cause la fiabilité de l'étude. Cette étude, c'est un chercheur orléanais qui l'a menée : Jean-Baptiste Renard.

Un appareil de mesure créé à Orléans...

Jean-Baptiste Renard est directeur de recherches au CNRS d'Orléans, au sein du laboratoire LPC2E (laboratoire de physique et de chimie, de l'environnement et de l'espace). Il a été sollicité par l'association Respire et le syndicat autonome de la RATP pour mesurer la pollution sur les quais du métro à Paris.

Pour ce faire, il a utilisé un appareil qu'il a lui-même mis au point avec son équipe : le LOAC (pour Light Optical Aerosols Counter), un outil développé par le laboratoire orléanais entre 2010 et 2013, et fréquemment utilisé depuis pour des campagnes scientifiques, à Paris, Angers, Palaiseau mais aussi à Cravovie et en Islande. "C'est certes un appareil de recherche, explique Jean-Baptiste Renard, mais qui a déjà donné lieu à énormément de travaux et de publications, c'est un appareil qui fonctionne bien."

L'appareil de mesure des particules fines mis au point par Jean-Baptiste Renard et le laboratoire LPC2E
L'appareil de mesure des particules fines mis au point par Jean-Baptiste Renard et le laboratoire LPC2E - DR

La RATP dénonce pourtant "un capteur portatif, qui n'est pas un appareil de référence." Pas du tout, répond le chercheur orléanais : "La RATP évoque sans doute ces petits appareils qu'on porte sur soi et qui sont des indicateurs plus ou moins précis ; mais cela n'a rien à voir ! Nous, nous utilisons un vrai appareil, que l'on pose, qui est fixe, que nous avons installé une journée entière successivement dans 10 stations (entre le 24 septembre et le 2 décembre 2020), il est précis, on ne peut pas remettre en cause ces mesures.

... qui permet de détecter les particules fines les plus petites

Il faut dire que les résultats sont édifiants : la pollution de l'air sur les quais du métro est jusqu'à 10 fois plus élevée qu'en surface... L'étude montre surtout de grosses différences selon les stations, en fonction de leur ventilation, de la vétusté des rames et de leur système de freinage, etc. L'écart avec les résultats officiels de la RATP n'est en fait pas surprenant, car on ne parle pas forcément de la même chose, souligne le scientifique.

"La RATP ne s'appuie que sur 3 capteurs permanents, dont un est actuellement défaillant, et il s'agit d'étude de masse. Nous, nous comptons et répertorions les particules fines, y compris les plus petites qui sont aussi les plus dangereuses, c'est une démarche différente mais beaucoup plus indicative de la nature de la pollution, notamment pour la santé humaine." Plus les particules fines sont petites, plus elles peuvent en effet pénétrer dans l'appareil respiratoire : "Si vous y êtes exposé de manière régulière, l'effet accumulation peut poser problème", alerte Jean-Baptiste Renard.

Pas d'étude prévue à Orléans pour le  réseau TAO

La spécificité du métro, c'est bien sûr que c'est un lieu souterrain. Le chercheur n'envisage pas une telle étude à Orléans pour le réseau TAO : "Je n'en vois pas l'utilité, alors que le travail effectué par le réseau Lig'Air est déjà très performant." En revanche l'appareil sera bientôt utilisé à 20 km d'altitude dans les Tropiques pour un projet franco-américain de recherche sur la pollution atmosphérique...

Les explications en détail de Jean-Baptiste Renard sont à écouter ci-dessous :

Jean-Baptiste Renard, au micro de France Bleu Orléans

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