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Jeûner dans le Vercors pour se ressourcer et retrouver la pêche

Par Véronique Pueyo, France Bleu Isère jeudi 6 octobre 2016 à 19:43

Les jeûneurs en randonnée dans la forêt des Coulmes
Les jeûneurs en randonnée dans la forêt des Coulmes © Radio France - Véronique Pueyo

"On est foutu, on mange trop !" chante Souchon... et bien, jeûner pour se sentir mieux dans sa vie et dans son corps, c'est l'objectif de l'association jeûne et bien-être qui,depuis 10 ans,propose des cures de 7 jours sans manger, loin du tumulte de la vie moderne.

Nelly, Patrick, Nicolas, Geoffroy, Véronique... ils sont vingt à jeûner depuis 5 jours déjà, dans un gîte perdu dans la montagne, près des falaises de Presles (Isère) La vue y est magnifique, le calme, serein. La plupart des participants ont opté pour le jeune intégral, zéro calorie par jour, mais ils boivent de l'eau et des tisanes, d'autres ont choisi un jeune plus "light", avec bouillon et jus de fruits et de légumes. Les journées sont rythmées par des séances de sophrologie, des massages, des randonnées dans la nature et des conférences sur l'hygiène alimentaire et le bien-être. Elizabeth tient le coup :"Je n'ai pas faim du tout ! Juste un peu de tachycardie hier, mais tout est rentré dans l'ordre. Et puis on est très bien encadré! "

En effet, une équipe de professionnels est présente 24 heures sur 24, à la disposition des jeûneurs. En plus du responsable de centre et de l'accompagnateur en montagne, une sophrologue et deux naturopathes, Myriam et Evelyne, veillent au grain. "En règle générale, on mange trop". explique Evelyne. "Le jeûne permet de mettre le système digestif au repos durant une semaine. L'important, c'est la sortie de jeûne. Mais on accompagne nos patients sur ce chemin, en leur expliquant comment se réalimenter progressivement."

Martine, une Parisienne de 60 ans, était très sceptique avant de venir. Mais deux de ses amis qui ont jeûné l'ont convaincue de tenter l'aventure et elle n’est pas déçue : "Je suis une grosse mangeuse. Je pensais ne pas tenir le coup, et bien, je m'étonne moi-même ! Je ne pense pas à la nourriture. Seul souci pour moi qui ne dors pas beaucoup, j'ai un sommeil assez agité, mais je ne suis pas fatiguée" dit-elle dans un grand sourire.

"C'est une façon de remettre les compteurs à zéro, une fois par an, un nouveau départ." Marc, adepte du jeûne.

Marc, un alsacien, en est lui à son quatrième jeûne "C'est une façon pour moi de remettre les compteurs à zéro? Je jeûne en moyenne une fois par an. En plus, je suis un peu en surpoids, cela ne peut pas me faire de mal. Et puis après, on a les idées claires, on prend les bonnes décisions ! C'est comme une renaissance, à chaque fois."

Nelly, cadre dans une grande boîte en Martinique, est venue dans le Vercors, avec son mari, pour décompresser après un burn-out. "Chez nous, on a l'habitude de bien manger. Nos amis ne comprennent pas notre démarche, mais on va essayer de leur expliquer en rentrant ! Cela a changé notre regard sur la nourriture !"On se sent tellement légers !"

Eric Ledun, le fondateur de "Jeûne et bien-être" veut redonner ses lettres de noblesse au jeûne - Aucun(e)
Eric Ledun, le fondateur de "Jeûne et bien-être" veut redonner ses lettres de noblesse au jeûne - DR

Eric Ledun, un ancien chef d'entreprise de 63 ans, a découvert les vertus du jeûne voici vingt ans. Il a créé son propre réseau d'une quinzaine de centres, dont celui du Vercors. Le jeûne est un marché en pleine expansion. On compte 3 millions de jeûneurs en Allemagne, quelques 5000 répertoriés en France, d'où la nécessité selon Eric Ledun d’éviter le" jeûne business" :"Je sais qu'il existe des endroits où on propose de jeûner en faisant une thalasso, mais avec une seule personne pour encadrer une heure par jour. C'est catastrophique !" Son association ne propose que dix jeûnes par an, avec une encadrement très présent, un questionnaire et un entretien sont proposés à chaque curiste. "Nous, nous ne faisons pas du soin, mais de la prévention. Quand nos jeûneurs repartent le vendredi soir, avec le sourire, heureux de ce qu'ils ont accompli, nous sommes heureux aussi !"

Il faut compter entre 700 et 1000 euros, pour une semaine de jeûne, avec son association, en fonction du confort du centre choisi. 72 % des jeûneurs sont des femmes, moyenne d'age 45 ans.

Si certains médecins défendent cette pratique, d'autres y sont opposés en expliquant qu'il n'y a pas assez d'études scientifiques pour en apprécier tous les éventuels bénéfices.

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