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Journée mondiale Alzheimer : jouer leur fait du bien !

Par Emmanuel Grabey, France Bleu Saint-Étienne Loire mardi 20 septembre 2016 à 22:18

Deux fois par semaine, les résidents se livrent à des jeux simples qui calment leurs troubles du comportement
Deux fois par semaine, les résidents se livrent à des jeux simples qui calment leurs troubles du comportement © Radio France - Emmanuel Grabey

Une maison de retraite de Saint-Priest-en-Jarez propose à ses résidents atteints de la maladie d'Alzheimer des séances de jeu deux fois par semaine. Selon une étude, cela diminue leurs troubles du comportement, et permet d'éviter dans certains cas les traitements médicamenteux.

La salle télé est méconnaissable : on a poussé les fauteuils, installé des tables, et au milieu de la pièce trônent des jouets - un billard japonais, des poupons, des briques de construction.

Cet après-midi, à la maison de retraite Korian La Mounardière de Saint-Priest-en-Jarez, on joue ! Deux fois par semaine, les animatrices proposent aux résidents atteints de la maladie d'Alzheimer de s'évader un peu de leur quotidien, sans contraite, rien n'est obligatoire, pas même les règles du jeu. Et ça leur fait visiblement du bien : "Nous avons une résidente qui d'ordinaire râle tout le temps, ne trouve rien à son goût, peste contre les autres résidents, explique Aline Bessay, l'une des animatrices. Pourtant, samedi, après la séance, elle nous a dit qu'elle avait passé un très bon moment, qu'elle avait trouvé les gens agréables".

L'objectif du jeu est de permettre aux résidents de recréer du lien social, d'aller vers l'autre, et de calmer leurs troubles du comportement. Une dame d'un certain âge, de grands yeux bleus surmontés de cheveux blancs comme neige, est tranquillement assise dans un coin de la pièce, un poupon qu'elle berce entre les bras. "D'ordinaire, elle ne tient pas en place, poursuit Aline Bessay. La poupée la calme, l'apaise, elle est accaparée par ce qu'elle tient entre les mains". Une méthode qui peut choquer les familles, selon l'animatrice, "c'est vrai que c'est difficile de voir un de ses parents se comporter de cette manière. Pourtant, comme ce sont des gens qui sont souvent en butte lorsqu'il s'agit d'utiliser des mots, les effets d'une activité non-verbale comme le jeu sont souvent bien plus bénéfiques qu'un semblant de conversation."

Le jeu comme alternative aux traitements médicamenteux

Cela permet également de faire remonter des souvenirs, des réflexes que l'on pensait effacés de la mémoire de certains résidents. "Nous avons un monsieur qui s'installe à la table où nous avons disposé des briques de construction, raconte Aline Bessay. Plutôt que de bâtir quelque chose, il les compte et les empile par paquets de dix, comme s'il se livrait à son ancienne profession : banquier !"

L'apaisement permis par le jeu atténue les troubles du comportement des résidents, avec comme corollaire d'éviter parfois les traitements médicamenteux : "Parfois, on recherche la facilité pour calmer un trouble du comportement, en revoyant le traitement, explique Dalila Setti, la directrice de la maison de retraite. Alors que dans un cadre ludique, on peut accaparer l'attention du résident, voir ce qui ne va pas, on cherche le pourquoi, et on va sentir une accalmie. Cela ne durera peut-être qu'un moment, mais cela évite la prise de composés chimiques".

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