Santé – Sciences

Journée mondiale du diabète : " Les gens pensent que leur vie est finie, mais pour moi c'est une renaissance "

Par Aurélie Lagain et Philippe Chauché, France Bleu Vaucluse lundi 13 novembre 2017 à 19:06 Mis à jour le mardi 14 novembre 2017 à 6:59

A l'éducation thérapeutique autour du diabète de l'hôpital d'Orange
A l'éducation thérapeutique autour du diabète de l'hôpital d'Orange © Radio France - Aurélie Lagain

Choc ou renaissance ? Des diabétiques vauclusiens témoignent en cette journée mondiale du diabète.

C'est la journée mondiale du diabète ce mardi. Une journée d'information et de dépistage partout sur la planète. Environ 19.500 Vauclusiens en souffraient en 2015, soit 5,9 % de la population, un peu plus que la moyenne française (5%), selon l'agence régionale de santé. 3,3 millions de Français sont diabétiques.

Ce mardi, l'hôpital d'Orange propose de 9h30 à 16 heures des ateliers, avec une diététicienne notamment, des stands d'information, une présentation de l'Education thérapeutique pour le suivi des patients, et évidemment, un dépistage du diabète.

"Chaque diabétique compare son appareil" - Xavier Fernandez, infirmier

Le diabète peut arriver n'importe quand. A la naissance, quand le pancréas ne fonctionne, pas diabète de type 1. A l'hôpital d'Orange, l'équipe suit particulièrement les diabétiques de type 2 via le centre d'éducation thérapeutique, au rez-de-chaussée où les patients se retrouvent régulièrement pour évoquer leur maladie, leur quotidien, consulter une diététicienne, un ergothérapeute, participer à des cours de cuisine...

On y trouve aussi différents lecteurs de glycémie. Ceux où il faut se piquer le doigt, pour analyser une petite goutte de sang. Et puis les "sans contact", si l'on peut dire, lecteurs derniers cris, appréciés notamment des parents de jeunes enfants. Remboursés pour les diabètes de type 1.

" Chaque diabétique compare son appareil ", sourit Xavier Fernandez, en blouse blanche, l'infirmier référent. Un peu comme les ados avec leur téléphone portable. Mais là, on parle quand même d'une maladie grave.

Et cette maladie, lorsqu'elle est détectée bouleverse la vie quotidienne. Il y a les traitements, les médicaments " presque le plus facile ", estime l'infirmier. Le plus difficile ? Pratiquer d'avantage d'activités. Ça peut commencer "par sortir le chien une demi-heure par jour. Ça y est on est dans le changement". Compliqué aussi de changer de régime alimentaire. Bannir le sucré ? Ce n'est pas si simple.

"Choc" ou "renaissance" ?

Yvette, diabétique depuis 11 ans et suivie à Carpentras, résume : " Pas trop manger de gâteaux, manger plus de fruits et de légumes ". Patrick Nury s'apprête à rentrer chez lui à Lapalud. Il a sa veste sur les épaules après un séjour à l'hôpital où on vient de lui diagnostiquer un diabète de type 2.

"Les gens pensent que leur vie est finie. Bien au contraire, pour moi c'est une renaissance. Je vais enfin manger correctement".

Patrick Nury explique qu'il pèse 116 kg, il veut perdre du poids. Pas si facile : "J'adore la charcuterie ! Dans le service, pendant six jours, ils m'ont appris à manger autrement. Franchement, on peut très bien manger, avec du goût, sans que ce soit de la charcuterie ".

Patrick le prend plutôt bien. Il veut en profiter - en plus - pour arrêter la cigarette. Patch sur le bras, il diminue sa consommation de cigarettes entamée il y a 40 ans. Encore 60 quotidiennement il y a trois semaines, six par jour aujourd'hui.

Mais pour Yvette, ça n'a pas été si simple. Elle avertit d'emblée, elle ne devra pas repartir trop tard. Avec la nuit qui tombe, le diabète qui a atteint ses yeux, elle ne peut plus conduire de nuit. Elle évoque "un choc". Sa mère était aussi diabétique, et a été frappée de plusieurs paralysies.

Après le choc, la remise en question, et la recherche d'aide, pour parler notamment. Elle a trouvé l'accompagnement de l'association française des diabétiques. L'association informe, aide, organise aussi des cours de cuisine à l'Isle-sur-la-Sorgue. Elle cherche aujourd'hui une diététicienne bénévole.

Au centre d'éducation thérapeutique de l'hôpital d'Orange avec Sylvie Bouffiès, secrétaire et Xavier Fernandez, infirmier - Radio France
Au centre d'éducation thérapeutique de l'hôpital d'Orange avec Sylvie Bouffiès, secrétaire et Xavier Fernandez, infirmier © Radio France - Aurélie Lagain