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Santé – Sciences

Journée mondiale du psoriasis : "J’ai honte de ma peau", témoigne une Marseillaise

samedi 28 octobre 2017 à 18:22 Par Armêl Balogog, France Bleu Provence et France Bleu

La 14e journée mondiale du psoriasis a lieu dimanche 29 octobre. L’occasion de parler de cette maladie peu connue, mais qui touche près de trois millions de Français. Le témoignage d’Anne-Marie, une infirmière marseillaise atteinte de psoriasis.

Anne-Marie est atteinte de psoriasis depuis 47 ans
Anne-Marie est atteinte de psoriasis depuis 47 ans - Capture d'écran de la vidéo "C PSOssible"

Marseille, France

"J’ai honte de ma peau", confie Anne-Marie Augier. Sa maladie s’est révélée quand elle avait neuf ans, après un séjour en classe de neige qui s’est mal passé et une lourde angine. Quarante-sept ans plus tard, accepter le psoriasis est toujours difficile.

Elle ne se regarde plus

Anne-Marie Augier nous accueille chez elle, en jupe, mais avec des collants noirs opaques. Ils cachent les petites plaques blanches sur ses jambes. "Ce sont des plaques un petit peu disséminées sur le corps : de temps en temps la tête, de temps en temps le visage. J’en ai sur les cuisses. J’en avais sur le tronc, ça a disparu", décrit-elle.

"Quand on se voit dans la glace, on ne s’aime pas. Je ne me regarde plus"

"Je me suis posé la question : qu’est-ce que tu as pu faire dans tes vies antérieures pour en arriver là ? Je me dis que c’est peut-être une punition", continue l’infirmière. D’un autre côté, c’est aussi ce qui l’a construite, au fil des années.

Difficile de se confronter au regard des autres

Elle a commencé à parler de sa maladie après ses 50 ans, hors cadre privé. Elle en avait marre. Le processus a été long. Elle a commencé à ne plus porter systématiquement de veste quand elle est devenue infirmière, elle avait une vingtaine d’années.

"J’ai vu des regards sur moi et ça je ne le supporte pas."

Accepter le regard des autres a été - et est toujours - difficile. Anne-Marie Augier avait peur d’être rejetée, jugée. "J’ai toujours évité d’aller à la mer, parce que ce n’était pas un lieu où j’aimais aller. Me montrer aux autres, c’était difficile. (...) J’ai l’impression que tout le monde regarde ça."

Pourtant, "je n’ai jamais eu de remarques blessantes", mais "dès que j’avais une tâche au niveau du visage "alors qu’est-ce que tu as, qu’est-ce que tu as ?". Une fois, deux fois, trois fois. À la fin, j’en avais ras le bol."

La quinquagénaire s’estime bien suivie médicalement. Elle reçoit plusieurs traitements qui font reculer la maladie et limitent les rechutes, mais qui ne la font jamais disparaître. "C’est mon rêve, de ne plus en avoir."

Pour mieux s’accepter, elle a aussi participé à la campagne "C PSOssible" de France Psoriasis, pour sensibiliser à la maladie (vidéo ci-dessous).

Rester positive

Aujourd’hui, ce qui la dérange le plus, ce sont les rhumatismes liés au psoriasis, apparus à la ménopause. "Le plus invalidant maintenant, ce sont les douleurs, avec un manque de repos, un dérouillage matinal assez important. Il faut que je fasse bouger toutes mes articulations. Il y a un mois, je ne pouvais même plus m’asseoir pour manger le petit déjeuner le matin."

Depuis six ans environ, elle participe à des "cafés pso", où elle rencontre d’autres personnes touchées par le psoriasis. Près de trois millions de Français sont concernés. Elle se trouve finalement plutôt chanceuse, en comparaison : elle a un mari qui la soutient, des enfants, un travail. "

"Il y en a qui sont déprimés, il y en a qui parlent de suicide. Mais, je suis dans le positif et comme je le dis : j’aurais sa peau."