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L'addiction aux jeux d'argent, "une torture épouvantable" pour les patients au CHU de Dijon

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Par , , France Bleu Bourgogne

Pour les personnes souffrant d'une addiction aux jeux d'argent et qui souhaitent volontairement se faire bannir des casinos et autres sites de paris en ligne, les règles vont s'assouplir. Il était temps, explique Vincent Meille, médecin au CHU de Dijon.

Vincent Meille, médecin au services addictologie au CHU de Dijon
Vincent Meille, médecin au services addictologie au CHU de Dijon © Radio France - Arnaud Racapé

L'addiction aux jeux est une maladie : environ 80 patients sont suivis au CHU de Dijon, et ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. D'ici quelques semaines, les règles pour se faire volontairement interdire de casino par exemple, vont s'assouplir un peu. Une excellente nouvelle pour Vincent Meille, médecin spécialiste des addictions au CHU.

"C'est une pathologie qui fait énormément de dégâts, qui va détruire de nombreuses familles aux niveaux financier, professionnel et social. Et je me réjouis de cette mesure parce qu'elle va nous permettre de prendre en charge ces patients de manière plus précoce, de lever un frein épouvantable."

Une démarche trop compliquée

Car jusque-là, quand on se rend compte qu'on a un problème et qu'on a envie de se faire blacklister et de se freiner, c'est compliqué et long. "Il faut dans un premier temps écrire au ministère de l'intérieur", précise Vincent Meille. "Puis on est convoqué au commissariat, ce qui est stigmatisant, culpabilisant pour ces patients, qui sont des gens qui ont déjà des difficultés à verbaliser cette dépendance, qu'ils cachent généralement à leurs proches et à leurs familles. Le fait d'aller au commissariat dans une démarche de soin, c'est synonyme de punition, de culpabilité, là où on aimerait que ce soit perçu de manière positive. Pour s'inscrire sur un jeu en ligne, il suffit de remplir un formulaire. Pour s'interdire, il faut aller voir la police. Il y a un déséquilibre."

Réduire le délai d'interdiction au maximum

La nouvelle mesure va permettre de se déclarer en ligne, à n'importe quelle heure, pour que son nom soit mis très vite sur une liste noire des jeux d'argent. Une rapidité qui change tout selon Vincent Meille. "Ces patients, lorsqu'ils ont des envies de jeux, ils sont soumis à une torture mentale qui va durer des jours, des semaines. La démarche de se faire interdire doit pouvoir aboutir de façon immédiate. Ce délai est important. Quand je vois un patient et qu'on aboutit à cette mesure d'interdiction, il faut parfois deux-trois mois pour qu'elle soit mise ne œuvre. Et ce sont trois mois épouvantables pour le patient. Là où on pourrait avoir une mesure simple, qui lui permette avec son accord, de stopper son comportement, on va se retrouver toujours avec cette ambivalence." 

Bien sûr, malgré la simplification à venir, on pourra toujours se rendre au tabac du coin pour aller gratter un loto. Mais ça ne signifie pas pour autant que les malades vont se ruer sur les tickets à gratter, d'après Vincent Meille. "Les jeux en ligne ont été légalisés en 2010, et on a toute une partie de la population qui n'est jamais allée jouer au tabac. Et puis j'insiste sur un point : 50% des mises sont faites par 1% des joueurs (baromètre 2019 de Santé Publique France) . Les joueurs pathologiques, c'est une très petite fraction, mais une immense majorité des sommes d'argent en jeu."

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