Santé – Sciences

L'Afrique de l'Ouest enfin débarrassée d'Ebola

Par Clémence Gourdon et Julien Baldacchino, France Bleu jeudi 14 janvier 2016 à 12:48

Combinaison sanitaire que portent les travailleurs de MSF (illustration)
Combinaison sanitaire que portent les travailleurs de MSF (illustration) © Maxppp

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé ce jeudi la fin de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest. Depuis 2013, la région était dévastée par la plus grave épidémie depuis l'identification de ce virus, il y a 40 ans.

Pour la première fois depuis l'apparition de l'épidémie d'Ebola dans la région en 2013, l'Organisation mondiale de la santé a été en mesure d'annoncer, ce jeudi, qu'il n'y avait plus aucun cas connu en Afrique de l'Ouest. Identifiée en 1976, l'épidémie d'Ebola a connu sa plus grande propagation ces 3 dernières années.

Le Liberia, dernier pays encore touché

Après la Sierra Leone en novembre dernier, et la Guinée fin décembre 2015, le dernier pays à se libérer de la pire épidémie de l'histoire d'Ebola est le Liberia, qui n'a plus connu de cas depuis 42 jours. C'est deux fois la durée maximale d'incubation (c'est à dire le temps écoulé entre l'infection et l'apparition des premiers symptômes). Cependant, l'OMS appelle à la prudence puisque le risque demeure tant que le virus circule "dans certains liquides corporels des survivants".

Dans les pires instants, certains pays craignaient l'effondrement. En 2014, le ministre de la Défense du Liberia, Brownie Samukai, déclarait devant l'ONU que le Liberia était "menacé dans son existence même" par une maladie qui se propage "comme un feu de forêt".

L'épidémie la plus considérable de l'histoire du virus

Partie fin 2013 de Guinée, l'épidémie s'est rapidement propagée au Liberia et en Sierra Leone. Les trois pays ont alors concentré plus de 99% des cas. L'épidémie s'est ensuite répandue au Nigeria et au Mali. En 2015, elle avait atteint 10 pays, parmi lesquels l'Espagne, les Etat-Unis et la France. Officiellement, 11 315 personnes en seraient mortes, sur 28 637 cas recensés. Un bilan que l'OMS admet "sous-évalué", mais qui est supérieur à toutes les épidémies d'Ebola cumulées depuis 1976.

"Des résurgences possibles"

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a prévenu ce mercredi que de nouvelles résurgences étaient prévisibles "dans l'année à venir". Certains survivants peuvent encore porter le virus, qui subsiste pendant plusieurs mois dans certains liquides corporels. Pour exemple, le sperme, dans lequel il peut rester jusqu'à neuf mois. En 2015, le Liberia en avait subi les conséquences : le pays avait été déclaré débarrassé du virus en mai, puis en septembre, mais avait connu des réminiscences localisées. 

Nous devons rester mobilisés.
— Peter Graaff, directeur de l'OMS en charge d'Ebola