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Santé – Sciences

L'agence de sécurité sanitaire demande la fermeture des cabines de bronzage

mercredi 10 octobre 2018 à 7:27 Par Géraldine Houdayer, France Bleu

Les cabines de bronzage vont-elles disparaître ? C'est en tout cas ce que demande l'Agence nationale de sécurité sanitaire, dans un avis rendu ce mercredi. Selon les experts, le risque de cancer de la peau est avéré, et les UV artificiels ne présentent "aucun bénéfice" pour la peau.

Une séance de rayonnement UV dans un institut spécialisé.
Une séance de rayonnement UV dans un institut spécialisé. © Maxppp - AUGROS PIERRE

L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) demande "aux pouvoirs publics de prendre toute mesure de nature à faire cesser l'exposition de la population aux UV artificiels" devant le risque de cancer "avéré", dans un avis publié ce mercredi. "On recommande l'arrêt de l'activité liée au bronzage artificiel, et aussi l'arrêt de la vente d'appareils délivrant des UV à visée esthétique, notamment aux particuliers", a expliqué à l'AFP Olivier Merckel, chef de l'unité d'évaluation des risques aux agents physiques à l'Anses, qui a suivi l'expertise.

Le risque de cancer est avéré

"On ne peut plus attendre", a souligné Olivier Merckel. "Les données scientifiques s'accumulent, il n'y a plus de doute, on a des preuves solides, le risque de cancer est avéré, on a des données chiffrées sur les risques pour les jeunes, pour toute la population, maintenant on recommande une action des pouvoirs publics". L'interdiction des cabines de bronzage est demandée depuis 2015 par les dermatologues, l'Académie de médecine et même les sénateurs, mais sans être suivie à ce jour par le gouvernement, qui s'est contenté de durcir leur réglementation. Dans un précédent avis en 2014, l'Anses recommandait déjà "la cessation à terme de tout usage commercial du bronzage par UV artificiels".

Les UV artificiels déclarés "cancérogènes certains" depuis 2009 

Le Centre international de recherche sur le cancer a déclaré "cancérogènes certains" les rayonnements artificiels depuis 2009. L'Anses relève "qu'aucune valeur limite d'irradiance ou de dose ne peut être fixée pour protéger les utilisateurs". "Les personnes ayant eu recours au moins une fois aux cabines de bronzage avant l'âge de 35 ans augmentent de 59% le risque de développer un mélanome cutané. En France, il a été estimé que 43% des mélanomes chez les jeunes pouvaient être attribués à une utilisation de ces cabines avant l'âge de 30 ans", a souligné l'agence.

La peau vieillit quatre fois plus vite avec des lampes de bronzage qu'au soleil 

Olivier Merckel a rappelé que la réglementation interdisait la pratique du bronzage en cabines aux mineurs, "or les contrôles montrent qu'il y a encore une fraction non négligeables des moins de 18 ans qui le pratiquent". Selon un calcul récent publié par l'Agence, en France en 2015, chez les adultes de plus de 30 ans, 10.340 cas de mélanomes pouvaient être attribués à l'exposition solaire et 382 cas de mélanomes à l'exposition aux appareils de bronzage (1,5% des cas de mélanomes chez les hommes et 4,6% chez les femmes). 

Outre le risque de cancer, les rayonnements artificiels non seulement "ne préparent pas la peau" au bronzage, "ne protègent pas des coups de soleil", "ne permettent pas un apport significatif de vitamine D" mais provoquent un vieillissement de la peau "quatre fois plus rapide avec les lampes de bronzage qu'avec le soleil". "Les UV à fin esthétique ne présentent aucun bénéfice", martèle Olivier Merckel.