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Santé – Sciences

"Gaz hilarant" : l'Agence de santé des Hauts-de-France débloque 200.000 euros contre le protoxyde d'azote

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Par , France Bleu Nord, France Bleu Picardie

L'Agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France débloque une enveloppe de 200 000 euros à destination des communes et collectivités pour financer des actions de sensibilisation et de prévention aux dangers liées à l'usage de protoxyde d'azote à titre récréatif.

Cartouche de siphon à chantilly détournée pour inhaler le protoxyde d'azote
Cartouche de siphon à chantilly détournée pour inhaler le protoxyde d'azote © Radio France - Bénédicte Robin

Lille, France

L'Agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France mobilise une enveloppe de 200.000 euros à destination des communes et des collectivités locales qui voudraient investir dans la lutte contre la consommation de protoxyde d'azote. "C'est de l'argent disponible immédiatement" explique Etienne Champion, le directeur général de l'ARS pour "mettre en place des actions de sensibilisation ou des campagnes de prévention aux conséquences graves de l'usage de ce gaz à titre récréatif".

Un phénomène qui prend de l'ampleur

Le protoxyde d'azote est un gaz connu pour deux usages majeurs. Le premier est médical. Associé à l'oxygène, il est utilisé pour ces vertus anesthésiantes et analgésiantes. Le second est culinaire. Les cuisiniers qui font eux-mêmes leur chantilly ou leurs mousses le connaissent bien sous forme de cartouches que l'on insère dans l'ustensile (le siphon) utilisé pour les préparer. 

Mais le protoxyde d'azote est aussi communément appelé "gaz hilarant". Son inhalation via des ballons provoque une sensation euphorisante et des crises de rire d'assez courte durée. Cette facette-là est connue depuis longtemps mais elle prend de l'ampleur depuis un ou deux ans, en particulier dans la région Hauts-de-France et plus précisément à Lille et ses alentours où de très nombreuses cartouches de siphon à chantilly ont été et sont toujours retrouvées dans les rues.

Huit cas graves recensés dans les Hauts-de-France

L'Agence régionale de santé s'en était déjà émue en début d'année mais là le phénomène a "passé un cap" depuis la rentrée de septembre explique le directeur général. "_On est passé de l'usage de petites cartouches à l'usage de grosses bonbonnes_. On est donc passé à une autre échelle de consommation et donc à une autre échelle de conséquences sanitaires" s'inquiète Etienne Champion. 

Huit cas de pathologies graves consécutives à la prise de protoxyde d'azote ont été recensées dans les Hauts-de-France depuis le début de l'année dont six depuis le mois de septembre. Ces personnes sont âgées de 18 et 34 ans et vivent pour sept d'entre elles à Lille ou dans la métropole, la huitième est à Amiens. "Ces personnes souffrent d'atteintes à la moelle épinière et du système nerveux avec des paralysies plus ou moins sérieuses et pour certaines irréversibles" insiste Etienne Champion.

Des arrêtés et des propositions de lois

Le ministère de la Santé a également alerté cette semaine sur ce phénomène en augmentation. Plusieurs communes ont déjà pris des arrêtés pour interdire la vente de protoxyde de carbone à des mineurs (Wattrelos, Neuville-en-Ferrain, Tourcoing, Maubeuge, Gravelines...). Lille de son côté préfère attendre la loi.

En effet, le député France Insoumise du Nord Ugo Bernalicis a déposé un projet de loi pour interdire la vente aux mineurs et obliger la mise en place d'étiquettes sur les produits pour avertir de leur dangerosité. Mais son examen à l'Assemblée n'est pas encore à l'agenda. Les sénateurs lui ont emboîté le pas. Une proposition de loi notamment portée par les sénateurs nordistes Valérie Létard et Frédéric Marchand doit être examinée le 11 décembre prochain.

Mais le directeur de l'ARS ne veut pas attendre sachant que les mineurs ne sont pas les seuls concernés. Les cas graves touchent de jeunes adultes. L'ARS invite donc les maires et les élus locaux à prendre contact avec elle pour la mise en place de campagnes et d'action de prévention sur les territoires.

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