Santé – Sciences

L'amélioration du dépistage pourrait éviter jusqu'à 90% des cancers du col de l'utérus

Par Boris Compain, France Bleu Touraine lundi 23 janvier 2017 à 5:30

Le cancer du col de l'utérus tue un millier de femmes, chaque année, en France
Le cancer du col de l'utérus tue un millier de femmes, chaque année, en France

La 11ème semaine européenne de prévention du cancer du col de l'utérus se déroule du 22 au 28 janvier 2017 . En France, chaque année, 3 000 femmes développent ce cancer, et un millier en meurent. Neuf fois sur dix, le dépistage permettrait d'éviter la maladie.

En France, chaque année, 3 000 femmes développent un cancer du col de l'utérus, et 1 000 en meurent. C'est d'ailleurs un des seuls cancers pour lesquels le pronostic se dégrade, en France, avec un taux de survie à 5 ans qui diminue. La 11ème semaine européenne de prévention vise donc à mettre l'accent sur l'importance du dépistage et de la vaccination.

30% de femmes vaccinées en 2006, et presque moitié moins aujourd'hui

La vaccination préventive est en très fort recul, après plusieurs polémiques : Il y a 10 ans, 30% des femmes étaient vaccinées contre le papillomavirus. Elles ne sont plus que 17% aujourd'hui.

"Les études actuelles, qu'elles aient été menées en France ou à l'étranger, montrent qu'il reste un bénéfice à faire cette vaccination, mais c'est vrai qu'il y a une défiance générale vis-à-vis de ce vaccin ou d'autres. On le propose dès 11 ans, et c'est vrai que parler de cancer, ou de relations sexuelles, de transmission de virus, ce n'est pas toujours évident dans le discours que le médecin peut avoir avec sa patiente ou avec sa famille. La vaccination protège contre 70% des virus responsables du cancer, elle ne protège pas à 100% non plus. Comme il existe le dépistage, on se dit "elles ne sont pas vaccinées, ce n'est pas grave, elles se feront dépister", sauf qu'en réalité, il y a souvent une double peine, c'est-à-dire que les jeunes filles qui ne sont pas vaccinées n'accéderont peut-être pas au dépistage, parce qu'elles ne sont pas dans un environnement favorable" Le docteur Somany Sengchan, du centre de coordination des dépistages des cancers d'Indre-et-Loire

Second problème : le dépistage. Les femmes de 25 à 65 ans devraient faire un frottis tous les 3 ans. Elles ne sont qu'une petite moitié à le faire.

"Il y a peut-être un peu l'obstacle de l''examen gynécologique, la difficulté de prendre rendez-vous avec un gynécologue, alors que le médecin traitant ou une sage-femme peuvent très bien réaliser cet examen. Ca peut être aussi la peur d'avoir mal, une méconnaissance de la pathologie, et on sait également que les femmes ménopausées ont un peu l'impression d'être protégées de ce cancer, et pourtant on sait qu'il faut faire les frottis jusqu'à 65 ans". Le docteur Somany Sengchan, du centre de coordination des dépistages des cancers d'Indre-et-Loire

Pourtant, si toutes les femmes étaient régulièrement dépistées, 70 à 90% des cancers du col de l'utérus pourraient être évités.