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Santé – Sciences

L'Assurance maladie d'Occitanie part à la chasse aux arrêts maladie

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Par , France Bleu Hérault

Pour réduire le nombre de journées d'arrêt maladie prescrites et faire des économies, la Caisse primaire d'Assurance Maladie (CPAM) d'Occitanie lance une opération de sensibilisation auprès des assurés, médecins et entreprises de treize communes de la région.

Les services de santé de la région s'allient pour un meilleur contrôle des arrêts maladies et leur suivi
Les services de santé de la région s'allient pour un meilleur contrôle des arrêts maladies et leur suivi © Radio France - Sebastien Jarry

Montpellier, France

L'Assurance maladie d'Occitanie part à la chasse aux journées d'arrêts maladies. Pour économiser de l'argent, un plan d'action régional est lancé pour réduire le nombre d'arrêts délivrés et assurer un suivi  rapproché des patients. Les services de santé ont identifié 13 zones en Occitanie où les arrêts maladies sont plus nombreux qu'ailleurs. Des visites vont être effectuées auprès des médecins, des entreprises et des assurés de ces communes. Dans l'Hérault, des villes près de Sète et Frontignan sont concernées.

1.000 contrôles à Lunel à l'automne

Entre octobre et novembre 2018, le dispositif de contrôle a été expérimenté notamment à Lunel. 1.000 patients ont reçu la visite d'un agent de la CPAM de l'Hérault. "Les contrôles visaient à rappeler aux patients qu'ils devaient être chez eux entre 9h et 11h puis entre 14h et 16h", explique Laëtita Goëau, sous-directrice en charge de la gestion du risque à l'Assurance maladie d'Occitanie. La moitié environ étaient absents, ce qui a mené à la suspension des indemnités de 20% d'entre eux. 

Les médecins Lunellois qui prescrivent plus d'arrêts que les autres ont eux reçu les conseils d'un médecin de l'Assurance maladie. "On a échangé de médecin à médecin sur les chiffres des arrêts de travail, les pathologies rencontrées, les difficultés par rapport aux patients, détaille la jeune femme. Pour la même pathologie, on pouvait avoir trois jours d'arrêt chez un médecin, cinq jours chez un autre." Lors de cette opération, la CPAM distribue aux médecins des fiches repères avec les durées indicatives d'arrêt pour chaque pathologie, mais incite les médecins à s'adapter à la situation de chaque patient.

La CPAM s'intéresse aussi aux employeurs, puisque les entreprises où les accidents du travail sont plus nombreux qu'ailleurs sont accompagnées par la Caisse d'Assurance Retraite et de la Santé au Travail (CARSAT), une branche de l'Assurance maladie. Ensemble, il s'agit de trouver les raisons de ces accidents et d'éliminer les risques. Avec 43 arrêts liés à des accidents du travail pour 1.000 salariés, l'Hérault possède le plus haut taux de France. 

Les arrêts en légère baisse dans l'Hérault

Entre 2017 et 2018, la France a enregistré une hausse des indemnités journalière versées de 5,2%, pour un total proche de 11 milliards d'euros. C'est ce montant tant que la CPAM chercher réduire. "Si je prends un assuré lambda, qui est en arrêt pour dépression et que je constate que cet assuré a un traitement de tranquillisant minime et ne voit son médecin traitant qu'une fois par mois, on a peut-être une problématique de justification médicale de l'arrêt de travail. Donc là, un médecin conseil de la CPAM va le convoquer, défend Emmanuel Gagneux, le directeur régional du service médical de l'Assurance maladie. "Si à l'inverse le même assuré a un traitement très lourd, avec des neuroleptiques, des antidépresseurs, qu'il voit son psychiatre toutes les semaines, je me rends bien compte que l'arrêt est médicalement justifié, du fait du traitement qu'il suit. Là, la problématique va plutôt être de l'accompagner dans sa réinsertion professionnelle, voir sous quelles modalités il va pouvoir reprendre son emploi et rester inséré dans la société."

D'après les enquêtes menées par l'Assurance maladie, plus un arrêt complet du travail est long, moins les patients parviennent à revenir un jour au travail. "Au-delà de 6 mois, seule une moitié reprend", explique Emmanuel Gagneux. Pour éviter tout risque de "désinsertion professionnelle", le patient peut être mis en contact avec un assistant social dès 45 jours d'arrêt qui pourra lui proposer, si son état le permet, un retour progressif au travail avec du temps partiel, du télétravail ou même un reclassement professionnel. 

Près de cinq millions de jours d'arrêt de travail ont été prescrits dans l'Hérault en 2018, en légère baisse de 0,6% sur un an. Le département est malgré tout une exception dans la région Occitanie. Dans l'Aude, le Tarn et les Pyrénées-Orientales, il a sensiblement augmenté, à l'instar du reste du territoire.