Santé – Sciences

L'avenir de la maternité d'Oloron Sainte-Marie, une réponse début octobre

Par Marie-Line Napias, France Bleu Béarn vendredi 29 septembre 2017 à 18:46

L"'hôpital d'Oloron
L"'hôpital d'Oloron © Radio France

La commune d'Oloron Sainte-Marie qui se trouve à trois quart d'heure de Pau est suspendue à la décision de l'Agence Régionale de Santé à propos de sa maternité. Une décision qui doit tomber début octobre, alors que élus et citoyens se mobilisent pour trouver des praticiens.

Le collectif santé appelle les Oloronais à se rassembler ce samedi 30 septembre devant la sous-préfecture pour défendre la maternité. L'agence régionale de santé doit annoncer sa décision la semaine prochaine même si le préfet a estimé que ce 30 septembre n'était pas une date butoir. La date de fermeture annoncée c'est le 20 décembre pour permettre la mise en place d'un centre de périnatalité et l'organisation des accouchements sur Pau ou Saint- Palais. Il faut préciser que le dernier gynécologue-obstétricien en poste à Oloron prend sa retraite fin 2017. Il y a peu d'espoir désormais de sauver la maternité même si on a souvent soufflé le chaud et le froid dans cette affaire.

Les chiffres sont têtus, il faut au minimum trois gynécologues obstétriciens et autant de pédiatres installés à Oloron pour assurer environ 200 accouchements par an. Il faut que toutes les nuits, un obstétricien se trouve à moins d'un quart d'heure de route de la maternité pour pouvoir intervenir en cas d'urgence. C'est une obligation légale de sécurité. Pour l'instant, un seul obstétricien est partant, et un ou deux pédiatres.

La maternité d'Oloron : un feuilleton riche en rebondissements

L'affaire débute en septembre 2015 quand on annonce le rapatriement de la maternité au sein de l'hôpital à Légugnon. Jusque là elle se trouvait sur un autre site. C'est plutôt un signe positif pour cette maternité. Mais en février 2016, les premières inquiétudes se font jour, avec les premières difficultés pour renouveler les équipes médicales. Pourtant, dès le mois d'avril, l'agence régionale de santé , l'ARS, affirme qu'il n'est pas question de transformer la maternité en centre de périnatalité comme à Orthez. Tous les Oloronais sont rassurés et pensent que la maternité est sauvée ; c'est une erreur, le couperet tombe le 10 juillet dernier. L'obstétricien en poste à Oloron prend sa retraite fin 2017, et on n'a pas trouvé de relève. La maternité doit fermer le 20 décembre. La municipalité fait alors appel à un chasseur de têtes. Le 30 août c'est l'annonce rassurante : il y a deux candidats obstétriciens et un ou deux pédiatres.

On n'a jamais été aussi proche d'une fermeture

Ce sont à nouveau des espoirs déçus : les diplômes de l'un des gynécologues ne sont pas reconnus en France. C'est le directeur de l'hôpital de Pau Jean-François Vinet qui examine les candidatures, et on est loin du compte.

Le directeur de l'hôpital de Pau, Jean-François Vinet est chargé d'examiner les candidatures

Malgré la brève entrevue avec le Premier ministre à la foire de Pau, et le préfet qui pense que le 30 septembre n'est pas une date butoir. On a jamais été aussi près de la fermeture. C'est de toute façon le directeur général de l'agence régionale de santé qui aura le dernier mot. Pour la directrice départementale Maritxu Blanzaco, la priorité c'est la sécurité des patientes.

La directrice départementale de l'ARS, Maritxu Blanzaco pense qu'on aura une réponse début octobre

Et certains professionnels de santé redoutent que la mobilisation populaire et la publicité faite autour de ce dossier n'encouragent pas les praticiens hospitaliers à venir travailler à Oloron, bien au contraire.