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Santé – Sciences

L'hôpital d'Armentières placé sous tutelle à cause de sa situation financière

lundi 1 octobre 2018 à 4:06 Par Hélène Fromenty, France Bleu Nord

Le centre hospitalier d'Armentières (Nord) est placé sous administration provisoire à compter de ce lundi 1e octobre pour une durée d'un an. En cause, la situation financière critique de l'établissement. Le directeur de l'hôpital est également remplacé provisoirement.

L'hôpital d'Armentières affiche un déficit de près de 6 millions d'euros.
L'hôpital d'Armentières affiche un déficit de près de 6 millions d'euros. © Radio France - Hélène Fromenty

Armentières, France

C'est une décision très rare que vient de prendre l'ARS (Agence régionale de santé) des Hauts-de-France. Le Centre hospitalier d'Armentières (CHA) est placé administration provisoire - autrement dit sous tutelle - à partir de ce lundi 1e octobre et pour une durée d'un an. Son directeur, Pierre Pamart, en poste depuis 2007, est remercié et remplacé par un administrateur provisoire.

Et pour cause, les finances de cet établissement de 530 lits sont dans le rouge, avec un déficit entre 5 et 6 millions d'euros à la fin du mois de septembre. Pour les 1.200 employés qui ont appris la nouvelle la semaine dernière, c'est la douche froide. "J'ai été abasourdie, anéantie, je ne m'attendais pas du tout à ça, affirme Evelyne Donze, cadre au service pédiatrie-néo-natalité. Et je suis inquiète, on ne sait pas ce qui va nous arriver, et pourtant je suis dans un service qui se porte bien !"

Une décision d'autant plus incompréhensible que le CHA a reçu l'an dernier une certification de niveau A, pour la qualité de ses prestations. "Je travaille ici depuis 40 ans, je connais bien tous les services, reprend Evelyne. C'est un hôpital de qualité et il n'y a pas beaucoup d’hôpitaux certifiés."

Heures supplémentaires et arrêts maladies

Si beaucoup de salariés de l'hôpital saluent le bilan et les efforts effectués par le désormais ex-directeur de l'établissement, la CGT de l'hôpital pointe du doigt sa responsabilité. Dans un tract distribué au sein de l'établissement la semaine dernière, le syndicat dénonce "un naufrage", "un chaos complet", et un directeur "incapable" de gérer l’hôpital. "Depuis qu'il est là, l'endettement ne fait qu'augmenter, commente David Huygues, secrétaire général CGT. C'est notamment lié aux conditions de travail. Les arrêts maladie s'accumulent : il y a 110 personnes en arrêt par jour à 40.000 euros par agent, faite le calcul... Il y a plus de  70.000 heures supplémentaires cumulées depuis des années."

De son côté, l'ancien chef d'établissement avait appelé l'Etat à l'aide en février 2017 et assure que des efforts ont été faits pour tenter de maintenir l'équilibre, malgré un contexte de tension au sein de l'hôpital public. "Je ne suis pas responsable de la baisse de financements, assure Pierre Pamart. Je ne suis pas non plus responsable de la concurrence que génèrent les établissements privés,  notamment le groupe Ramsay Général de Santé, qui a un monopole dans la métropole lilloise."

L'administrateur provisoire - il s'agit de Christian Burgi, le directeur de l'établissement public de santé mental (EPSM) Val de Lys Artois, à Saint-Venant - doit arriver ce lundi. Il aura donc une année, avec l'encadrement de l'ARS, pour tenter de redresser les comptes du centre hopitalier d'Armentières.