Santé – Sciences

L'Orne compte désormais moins de 200 médecins généralistes

Par Olivier Duc, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) lundi 25 janvier 2016 à 7:22

22% des médecins généralistes de l'Orne ont plus de 65 ans
22% des médecins généralistes de l'Orne ont plus de 65 ans © Maxppp

Le département de l'Orne est l'un des départements français les moins bien dotés en médecins généralistes. La moyenne d'âge élevée des praticiens et l'image dégradée du médecin de campagne (horaires, disponibilités..) aggravent le phénomène.

Le nombre de médecins généralistes dans l'Orne est passé sous la barre symbolique des 200 praticiens.

Ils seraient désormais 193 selon les chiffres du conseil de l'ordre des médecins du département. Avec environ 66 médecins généralistes pour 100.000 habitants, l'Orne est l'un des six départements de France les moins bien dotés.

Moyenne d'âge de 57 ans

La situation est d'autant plus préoccupante que la pyramide des âges des médecins généralistes laisse augurer une vague de départs dans les cinq prochaines années. 22% des médecins généralistes de l'Orne ont plus de 65 ans et la moyenne d'âge est d'aujourd'hui de 57 ans. 

C'est ce qui explique cette succession de départs. La seule ville d'Alençon en a perdu 6  à raison de deux départs par an.

Arrivée de 5 médecins généralistes espagnols

Le Conseil de l'ordre des médecins relève pourtant de bonnes initiatives comme la création de pôles de santé. Dans le secteur du Perche,  5 médecins partants ont été ou vont être remplacés par autant de généralistes espagnols. Un recrutement rendu possible par une action commune du département de l'Orne et du conseil de l'ordre des médecins.

L'image dégradée du médecin généraliste de campagne

Le rôle du médecin généraliste en milieu rural souffre d'une image dégradée auprès des étudiants et des jeunes praticiens, estime le Dr Tomas Boinet, 61 ans dont 28 passés à soigner dans la commune du Theil. 

La petite commune de 1900 habitants compte deux médecins. Le premier est déjà parti à la retraite et a été remplacé par un médecin espagnol. Le Br Boinet hésite à suivre le même chemin. Il regrette que les pouvoirs publics n'aient pas anticipé un problème dont la source remonte notamment aux années 90, avec un numerus clausus en Ire année de médecine bien trop sévère. Il se traduit aujourd'hui par le risque de se voir créer des déserts médicaux.

Dr Tomas Boinet, médecins généraliste du Theil-sur-Huisne