Santé – Sciences

La Charcuterie bordelaise en difficulté, 15 jours après l'alerte à la listeria

Par Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde mardi 12 janvier 2016 à 18:19

La Charcuterie bordelaise, à Villenave d'Ornon
La Charcuterie bordelaise, à Villenave d'Ornon © Radio France - Pierre-Marie Gros

Après avoir été confrontée fin décembre à une alerte à la listeria dans ses pâtés et grattons, la Charcuterie bordelaise, à Villenave d'Ornon, n'a toujours pas obtenu l'autorisation de remettre ses produits sur le marché. Ses salariés dénoncent un acharnement qui met l'entreprise en danger.

Les 50 salariés de la Charcuterie bordelaise, à Villenave d'Ornon , sont inquiets, et ils le font savoir. Fin décembre, l'entreprise devait faire face à une alerte à la listeria. La bactérie avait été retrouvée dans des lots de pâtés et de grattons fabriquées par l'entreprise, et 122 barquettes avaient été retirées du marché.

Depuis, les employés ont l'impression que l'administration fait tout pour les empêcher de reprendre une activité normale. Selon eux, c'est la survie même de la société qui est en jeu. Ils viennent d'envoyer une lettre ouverte à la Préfecture, dans laquelle ils disent "être méprisés et sacrifiés par les services vétérinaires de la Gironde". 

L'entreprise estime respecter désormais toutes les normes sanitaires. Tous les résultats sont bons. Or, les autorisations de mise à nouveau sur le marché tardent à parvenir.

Nous produisons pour rien. C'est scandaleux ! Et nos clients attendent nos produits !

— extrait de la lettre envoyée aux autorités

De là à voir une volonté délibérée de tuer l'entreprise, déjà placée en redressement judiciaire, il n'y a qu'un pas. Pas du tout, il n'y a pas d'acharnement, répond Simon Bertout, le directeur de cabinet du préfet de Gironde.

Il y a des procédures en cours pour s'assurer que les produits ne sont pas touchés par la listeria. Nous continuons donc à travailler avec l'entreprise, qui connaît par ailleurs des difficultés économiques, et ces difficultés ne sont pas forcément liées aux mesures que nous avons prises pour garantir la sécurité des consommateurs.

— Simon Bertout, directeur de cabinet du préfet de Gironde

"Notre priorité, c'est la sécurité des consommateurs" Simon Bertout

Ni le directeur, ni les salariés ne veulent s'exprimer pour l'instant. Une délégation a été reçue ce mardi après-midi par le directeur départemental de la Protection des Populations, dont dépendent les services vétérinaires. Il aurait promis de débloquer rapidement la situation.

Un autre atelier de la même société, La Garonnaise des Viandes, avait déjà été fermé pendant 2 jours, suite à des manquements constatés par les autorités dans le stockage et la conservation des denrées. 

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