Santé – Sciences

La chirurgie ambulatoire de plus en plus fréquente en Bourgogne-Franche-Comté

Par Anne Pinczon du Sel, France Bleu Belfort-Montbéliard et France Bleu Besançon lundi 5 septembre 2016 à 19:53

Une intervention sur deux en Franche-Comté est réalisée en ambulatoire
Une intervention sur deux en Franche-Comté est réalisée en ambulatoire © Maxppp - Odilon Dimier

La Franche-Comté rattrape son retard : plus de la moitié des opérations se font maintenant en chirurgie ambulatoire. Un gain de temps pour les patients, des économies pour les établissements, avec toutefois quelques réserves

Rentrer à l'hôpital le matin, se faire opérer dans la journée et rentrer chez soi dès le soir même, c'était déjà fréquent pour les opérations de la cataracte ou des varices, mais c'est une pratique de plus en plus répandue en Bourgogne-Franche-Comté.

Plus d'une opération sur deux dans la région se fait maintenant en chirurgie ambulatoire. Y compris pour une opération du cancer du sein à l'Hôpital Nord Franche-Comté et bientôt pour la pose d'une prothèse du genou à la clinique Saint-Vincent à Besançon.

Moins de chutes, moins de phlébites, moins d'escarres

Le docteur Lionel Doury, chirurgien du genou à la clinique Saint-Vincent n'y voit que des avantages : "c'est lié à l'abandon des techniques d'anesthésie qu'on utilisait avant. On endormait la jambe, elle n'avait plus de force, ne pouvait plus soutenir le patient, qui parfois tombait. Et comme il devait rester alité quelques jours le temps de récupérer, il y avait des risques de phlébites voire d'escarres, aujourd'hui on est quasiment à 0 %". Même constat pour la gynécologue Catherine Gay, qui a lancé les opérations en chirurgie ambulatoire pour les cancers du sein à l'Hôpital Nord Franche-Comté : "avant on posait un drain à la patiente, on lui donnait du Doliprane, un petit déjeuner, et on prenait sa tension toute la journée. Finalement ça ne sert à rien, et les patientes sont très contentes de rentrer chez elles."

On ne jette pas les gens dehors

Bien sûr, même si une hospitalisation n'était pas prévue au départ, il n'est pas question de jeter les patients dehors. "Si une patiente est très stressée, qu'elle est passée tard le soir au bloc opératoire, ou qu'elle ne se sent pas bien, on la garde", rassure Catherine Gay. Et le résultat c'est que 70% de ses patientes aujourd'hui préfèrent se faire opérer en ambulatoire.

Pour les associations d'usagers, comme l'Arucah, c'est aussi une bonne chose du point de vue citoyen : "Ça fait des économies, et donc on utilise mieux l'argent de tout le monde, de la sécurité sociale, et l'argent qui était mis dans l'hébergement à l'hôpital, on peut l'investir ailleurs, dans d'autres domaines de la recherche et de la prise en charge" approuve Bernadette Lanquetion de l'Arucah.

1500 à 2000 euros d'économie par jour et par patiente

La gynécologue Catherine Gay aimerait qu'on utilise aussi cet argent économisé pour prendre en charge les nouvelles dépenses qui découlent de l'ambulatoire : "maintenant on prescrit des soutien-gorges de contention à nos patientes, avant il n'y en avait pas besoin parce qu'elles restaient à l'hôpital avec un drain, mais c'est à leur charge, ça fait une dépense en plus, il faut que les pouvoirs publics le prennent en compte."

L'institut du sein à l'Hôpital Nord Franche Comté estime que la chirurgie ambulatoire lui fait économiser 1500 à 2000 euros par jour et par patiente. Mais ça demande un énorme travail en amont et en aval de l'opération, une grosse organisation pour que le patient soit correctement informé sur ce qui peut se produire après l'opération (douleurs, malaises, vomissements) et un travail de coordination entre tous les acteurs de l'intervention.