Santé – Sciences

La douleur au centre d'une exposition de peintures au CHU de Nancy

Par Isabelle Baudriller, France Bleu Sud Lorraine lundi 19 octobre 2015 à 19:21

Une peinture signée Claude Lacour-Gix.
Une peinture signée Claude Lacour-Gix. © Radio France - Isabelle Baudriller

Le centre de l'Evaluation et du Traitement de la Douleur du CHRU de Nancy présentait ce lundi une exposition de peintures réalisées par des artistes-patients souffrant de maladies chroniques, de séquelles opératoires, de migraines.

A l'occasion de la journée mondiale contre la douleur, les patients et le personnel de l'Hôpital Central de Nancy ont pu découvrir ce lundi une trentaine de peintures et dessins de patients suivis par le centre de l'Evaluation et du Traitement de la Douleur du CHRU. Ils souffrent de maladies rares, chroniques, surmontent une rupture d'anévrisme et expriment leur ressenti à travers l'art. Manière non pas d'effacer la douleur mais de la dépasser et de retrouver un équilibre.

"Un exutoire"

A l'image d'Alain Denni, jardinier à la Ville de Nancy. En octobre 2010, il découvre qu'il est atteint d'une chondrocalcinose sévère, qui lui détruit les articulations. Son premier tableau associe peinture, photographie, écriture et courriers du CHU. Avec un visage mi-figure humaine, mi-tête de mort, il résume un cri de douleur. "Je me suis déformé le visage pour montrer mon incompréhension face au diagnostic. La peinture est devenue un exutoire. Quand on est dans la toile, on oublie tout. On a l'impression qu'on met la douleur dans la peinture et qu'elle va rester figée".

"Stigmates" d'Alain Denni - Radio France
"Stigmates" d'Alain Denni © Radio France - Isabelle Baudriller

L'art comme soin

Pour le centre nancéien de l'Evaluation et du Traitement de la Douleur, l'art peut faire partie de la prise en charge aux côtés de traitements médicamenteux, de la relaxation ou encore de l'hypnose. "Les personnes vont pouvoir reconstruire un équilibre, ne plus être dans la destruction mais dans quelque chose de constructif", selon Séverine Conradi, l'une des deux psychologues du centre. "Peindre n'atténue pas la souffrance mais ça la transforme et c'est un peu magique !", ajoute Claude Lacour-Gix, victime d'une rupture d'anévrisme il y a huit ans.