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Santé – Sciences

La faculté de médecine de Limoges maintient pour l'instant son diplôme d'homéopathie

mardi 4 septembre 2018 à 11:29 Par Fabienne Joigneault, France Bleu Limousin

Alors que la faculté de Lille suspend sa formation en homéopathie, celle de Limoges préfère attendre l'avis de la haute-autorité de Santé, demandé par la ministre. Le professeur Pierre-Yves Robert, vice-doyen de la faculté de médecine, était l'invité ce mardi matin de France Bleu Limousin.

La faculté de Médecine est "dans l'expectative", explique son vice-doyen Pierre-Yves Robert
La faculté de Médecine est "dans l'expectative", explique son vice-doyen Pierre-Yves Robert © Radio France - Françoise Pain

Limoges, France

La polémique a éclaté en mars dernier avec une tribune de médecins dans le Figaro, dénonçant les thérapies alternatives, et notamment l'homéopathie, comme des "soins sans aucun fondement scientifique". Dernier épisode en date : la faculté de médecine de Lille suspend son diplôme d'homéopathie. Alors comment se positionne l'Université de Limoges ? Françoise Pain a posé la question à 8h15 au professeur Pierre-Yves Robert, vice-doyen de la faculté de Médecine de Limoges.

La Faculté de Lille a décidé de suspendre son diplôme d'homéopathie. Et vous, que faites-vous ? 

Nous continuons. Il n'appartient pas à la faculté de se prononcer sur le déremboursement (c'est le rôle de la caisse nationale d'assurance maladie), il ne lui appartient pas d'interdire cette pratique (c'est le rôle du conseil national de l'ordre) et il ne lui appartient pas non plus de se prononcer sur les bonnes pratiques (c'est le rôle de la haute-autorité de santé). Pour l'instant, nos autorités de tutelle, les ministères de la Santé et de l'Enseignement supérieur,  ne nous ont rien demandé, donc nous sommes dans l'expectative.   

Vos étudiants ne sont pas forcément médecins ?   

Le diplôme proposé à Limoges, c'est un Diplôme d'Université, qui n'ouvre droit à aucune qualification ordinale, c'est juste une attestation de formation. Ce n'est pas une spécialité médicale, mais une orientation d'activité. Et nos élèves sont médecins, pharmaciens ou encore sages-femmes. L'homéopathie n'est de toute façon pas interdite à ce jour. Et il me paraît important que la faculté propose des formations avec des gens qualifiés. Sinon, les formations seraient prodiguées par des gens qui ont peut-être des intérêts privés. L'université est tout à fait dans son rôle 

On a des médecins qui disent "l'homéopathie n'a pas fait ses preuves", mais en médecine, est-ce que tout a fait ses preuves ?   

Le serment d'Hippocrate dit "je continuerai à perfectionner mon savoir", ce qui veut dire s'intéresser à toutes les formes de pratiques et se remettre en question. Et l'attitude de la ministre Agnès Buzyn est tout à fait cohérente, qui saisit la haute-autorité de santé, qui va examiner les études scientifiques, convoquer des experts et rendre un rapport.

La polémique est née d'une tribune dans le Figaro, signée par des médecins qui traitaient leurs confrères homéopathes de charlatans. S'il y a ce débat, c'est aussi parce que les patients se tournent vers les médecines alternatives. Est-ce que ce n'est pas une remise en cause de la médecine traditionnelle, qui fait parfois peur (avec des scandales type Levothyrox) ?

Depuis une dizaine d'années, justement, tous nos étudiants ont des cours de lecture critique d'articles scientifiques. On leur apprend à regarder les biais des études, et à les comparer à d'autres. Et le propre de la médecine aujourd'hui, c'est bien d'analyser les contenus scientifiques et de proposer des soins scientifiquement justifiés et bienveillants.