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Santé – Sciences

La greffe du coeur, "il faut prendre ça comme un cadeau" selon Antoine Penot, greffé depuis un an

vendredi 29 septembre 2017 à 14:39 Par Margot Delpierre, France Bleu Poitou et France Bleu Touraine

A l'occasion de la semaine du coeur, qui se déroule jusqu'au 1er octobre, Antoine Penot, un Poitevin de 59 ans témoigne. Suivi à Poitiers, il a été opéré avec succès à Tours l'année dernière.

Antoine Penot a subi une greffe du coeur en juillet 2016. Il a été opéré à Tours.
Antoine Penot a subi une greffe du coeur en juillet 2016. Il a été opéré à Tours. © Radio France - Margot Delpierre

Poitiers, France

C'est un "tsunami de la vie" dont il est ressorti plus fort. A 59 ans, Antoine Penot vit depuis juillet 2016 avec le coeur d'un autre, dont il ne connaît pas l'identité. Ce Poitevin, habitant de Bonneuil-Matours, a été suivi par le CHU de Poitiers puis opéré à l'hôpital Trousseau de Tours. Il dit se sentir "très bien" aujourd'hui mais c'était "un moment difficile à passer".

J'étais atteint d'une cardiomyopathie congénitale qui allait vers une insuffisance cardiaque sévère. Et lorsque l'on m'a parlé pour la première fois d'une greffe, je commençais à être en phase pré-terminale." - Antoine Penot

Après huit à neuf mois d'attente, Antoine est passé sur la table d'opération. Il y est resté sept heures : toute une nuit. Un acte chirurgical éprouvant mais une chance pour lui, qui a perdu ses deux soeurs emportées par la cardiomyopathie. "J'ai eu, si je puis dire, cette chance, moi, de pouvoir être greffable". En effet, tout le monde ne peut pas être candidat : il faut une santé très solide et réussir une batterie d'examens.

Vous êtes suivi par un psychologue tout de suite après l'intervention. C'est très difficile parce que vous avez un sentiment de culpabilité. Vous pensez que vous êtes en vie parce que quelqu'un est décédé. En fait c'est un cadeau : cette personne a accepté de faire ce don d'organe. il faut prendre ça comme un cadeau. " - Antoine Penot

"Bien sûr, je ne peux pas m'empêcher de penser à mon donneur, explique le Poitevin. Je vis avec lui, ça m'arrive même de lui parler. [...] Je lui parle comme à un copain, en disant "t'as vu comme c'est beau ici", "qu'est ce que c'est bon ce qu'on est en train de manger"", s'amuse Antoine.

Réécoutez l'interview d'Antoine Penot en intégralité

La greffe du coeur en chiffres

Le nombre de transplantation cardiaque est en constante augmentation chaque année. D'après les chiffres de l'Agence de la biomédecine, 477 personnes ont été greffées du coeur en 2016, contre 471 en 2015, et 397 en 2012. En cinq ans, le nombre de greffes d'organes (tout type) a augmenté de 17%, passant de 5.023 à 5.891.

Selon un rapport de 2013 de l'Agence de la biomédecine, la probabilité de survie du receveur après une greffe cardiaque réalisée entre 1993 et 2012 est de 74% à un an, 66% à 5 ans et 54% à 10 ans. "Elle dépend de l’âge du receveur. Les adultes de plus de 60 ans ont une survie significativement diminuée par rapport aux adultes plus jeunes (67% versus 76% à 1 an)." "L’analyse de la probabilité de survie à un an selon la période de greffe montre qu’après une diminution à partir de 2005, il y a depuis 2009 une amélioration", précise l'Agence dans son rapport.

Don d'organes : que dit la loi ?

Les Français sont tous donneurs potentiels, selon la loi du 22 décembre 1976 : c'est le principe du consentement présumé. Mais en réalité, les médecins s'en tiennent aux choix des proches. Or, petit changement depuis le 1er janvier 2017 : il faut explicitement exprimer son refus d'être donneur d'organes en s'inscrivant sur le registre national des refus.

Si la loi n'est pas fondamentalement modifiée, c'est un amendement qui vient durcir les conditions de refus : « le prélèvement d’organes post-mortem peut être pratiqué sur une personne majeure dès lors qu’elle n’a pas fait connaître, de son vivant, son refus d’un tel prélèvement, principalement par l’inscription sur un registre national automatisé prévu à cet effet ».

Vous ne souhaitez pas donner vos organes ? Alors, il faut vous inscrire par Internet sur le registre du refus avec une copie de votre pièce d'identité.