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"On est livrés à nous-mêmes" : la maman d'une jeune fille anorexique du Finistère témoigne

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Par , France Bleu Breizh Izel, France Bleu

L'anorexie plonge chaque année des milliers de familles dans la détresse. Face à une adolescente qui refuse de s'alimenter (9 malades sur 10 sont des filles), les parents se retrouvent souvent impuissants. Patricia, une maman de Plabennec (Finistère), lance un cri d'alerte sur France Bleu.

Morgane, 18 ans, souffre d'anorexie mentale depuis près de huit mois.
Morgane, 18 ans, souffre d'anorexie mentale depuis près de huit mois. - Patricia Mary

Morgane est devenue anorexique à tout juste 18 ans. Après un premier bref passage à l'hôpital, son poids chute quelques mois plus tard à 36,9 kilos pour 1,63m. "Elle est tombée très bas, raconte sa maman Patricia Mary. C'est là que je lui ai dit que je ne pouvais pas la laisser comme ça, et on l'a ramenée à l'hôpital. J'avais l'impression qu'elle se laissait mourir."

Au cours de cette seconde hospitalisation en octobre 2020, Morgane se fait poser une sonde nasogastrique. Aujourd'hui encore, c'est cet appareil qui la maintient en vie. Remontée à 41 kilos, la jeune fille a toujours peur de grossir. Sa mère estime qu'il lui faudrait une vraie prise en charge. Mais faute de places dans les structures spécialisées, la famille est dans l'impasse.

Il faut une prise de conscience.

ECOUTEZ le témoignage de Patricia Mary

Quatre lits et trois spécialistes dans tout le Finistère

Christian Schippers, le président de l'association Solidarité Anorexie Finistère, confirme que l'offre de soins est totalement inadaptée aux troubles du comportement alimentaire (TCA) : "C'est très mal organisé, il n'y a pas de réseau, les gens ne savent pas à qui s'adresser. Il manque des médecins spécialisés dans le public, et même dans le privé très peu de psychiatres ont cette compétence. Certaines familles vont jusqu'à Paris ou Lyon pour trouver une prise en charge."

Le Finistère ne dispose que de quatre lits, tous à l'hôpital psychiatrique de Bohars (CHRU de Brest). Et seulement trois psychiatres spécialisés (deux à Brest, un à Quimper) dans le suivi de jeunes adultes boulimiques ou anorexiques.

Si le CHU de Nantes possède une expertise reconnue en matière de traitement des TCA, cet hôpital croule sous les demandes depuis le premier confinement et refuse actuellement les nouveaux patients extérieurs à la région Pays de la Loire.

Trois mois d'attente dans une clinique de Rennes

À force de se battre, Patricia a obtenu un rendez-vous jeudi 25 février dernier dans une clinique privée à Rennes. Le médecin qui a examiné Morgane a estimé que son cas relevait bien de l'hospitalisation. Cette unité spécialisée de 12 lits a accepté de prendre en charge la Finistérienne, mais il y a au minimum trois mois d'attente. Une lueur d'espoir.

Les parents de Morgane ont longtemps craint pour sa vie, ce n'est plus le cas depuis qu'elle est revenue vivre à leur côté. "Elle est en sécurité mais ce n'est pas suffisant. On sait que c'est un chemin qui va être long. Nous, ça nous paraît interminable. Depuis juillet, notre vie tourne autour de ça. C'est un combat."

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