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Dossier : Coronavirus Covid-19

"La pression est énorme sur les personnels" témoigne Luc Livet, directeur d'EHPAD dans les Vosges

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Par , France Bleu Sud Lorraine

Un appel à l'aide et un appel au combat. Luc Livet, directeur d'EHPAD dans les Vosges est inquiet pour ses résidents. Si les masques n'arrivent pas en nombre, les drames comme à Cornimont se répéteront. Inquiet aussi pour les personnels soignants sous pression. "Il faut qu'on se batte," lance-t-il.

Il faut prendre soin de nos équipes soignantes, explique Luc Livet, directeur d'EHPAD à Remiremont.
Il faut prendre soin de nos équipes soignantes, explique Luc Livet, directeur d'EHPAD à Remiremont. © Maxppp - Pierre Heckler

Les EHPAD redoutent près de 100.000 morts. Dans une lettre adressée au ministre de la Santé, les professionnels de la gériatrie lancent un cri d'alarme. Selon eux, si les masques n'arrivent pas rapidement en quantité suffisante, les drames vont se succéder. Ce lundi, l'ARS et la préfecture des Vosges ont confirmé la mort de 20 résidents de l'EHPAD "Le Couarôge" à Cornimont, près de Gérardmer. Plusieurs membres du personnels sont atteints. Sur place, le confinement est stricte.

"On n'est pas à l'abri"

Une situation dramatique qui pourrait se répéter dans d'autres établissements de la région. C'est la crainte de Luc Livet, directeur de l'EHPAD "Le Chatelet" à Remiremont. Il est également référent de l'AD-PA dans les Vosges (Association des directeurs au service des personnes âgées). "C'est une inquiétude, évidemment. On est peut-être un peu mieux armé parce que le phénomène qui s'est passé à Cornimont est arrivé un peu plus tôt. Cela induit des préparations et des précautions plus importantes."

"On n'est pas à l'abri car la contamination a pu se faire de façon préliminaire. Les soignants ont beau faire attention, ils rentrent chez eux et ils peuvent contaminer d’autres personnes."

Le directeur d'EHPAD était à la retraite il y a encore peu de temps. Il a repris du service à Remiremont pour prêter main forte. Ce mardi après-midi, il a reçu ses premiers cartons de masques. "Oui, ils commencent à arriver, confirme-t-il. Des approvisionnement ont pu être réalisés par l'ARS au travers des hôpitaux référents. Néanmoins, la quantité de masques allouée reste insuffisante." 

L'annonce du gouvernement de donner cinq masques chirurgicaux par semaine et par résident relève du ridicule

Face au Covid-19, certains EHPAD ont rapidement procédé au confinement avant même la décision de l’État. "Désormais, tous les personnels sont mobilisés et on se débrouille comme on peut pour trouver du matériel, des masques, des gants et du gel". 

Le manque de matériel n'a largement pas été anticipé

"Il faut qu'on se batte !"

La crainte de nombreux morts parmi les résidents dans les EHPAD est totalement fondée, explique Luc Livet. D'autant que les établissements doivent faire face à une pénurie de personnel soignant. Les sous-effectifs ne datent pas d'hier. Aujourd'hui les difficultés s'accumulent.

"Nous faisons face à une insuffisance de dotations pour recruter. Il n'y a pas assez d'ASH et d'aides soignantes. Et puis, nous n'arrivons pas à recruter. Dans certains vallées des Vosges, c'est encore plus difficile."

Forcément, dans cette situation de crise sanitaire, le manque de personnel se fait sentir plus que jamais, surtout que les arrêts de travail pour cause de contamination s'accumulent. 

La pression est énorme sur le personnel. Ils sont, pour une part, désemparés

"C'est une inquiétude par rapport au devenir des résidents, poursuit le directeur vosgien. C'est aussi une inquiétude par rapport à la capacité à assumer. C'est enfin une inquiétude par rapport à cette maladie qu'on ne connaît toujours pas et qui dévoile de nouveaux symptômes jours après jours."

Mais Luc Livet ne baisse pas les bras pour autant. "Il faut qu'on se batte, lance-t-il. Dans certains cas, on arrive à faire face, dans d'autres, ça dérape parce que soignants et résidents sont contaminés de façon importante. Pour ma part, je suis extrêmement vigilant. Je tiens à voir les équipes tous les jours, à faire le point, à rassurer. Surtout, il faut rester attentif à ce que les soignants se ménagent autant que nous pouvons le faire sur le plan des effectifs et des plannings."

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