Santé – Sciences

La qualité du sperme décline plus ou moins selon les régions

Par Marina Cabiten, France Bleu vendredi 28 février 2014 à 7:26 Mis à jour le vendredi 28 février 2014 à 9:13

Le sperme des Français décline plus ou moins selon les régions
Le sperme des Français décline plus ou moins selon les régions © MaxPPP

Les scientifiques avaient déjà constaté une forte baisse de la concentration de spermatozoïdes chez les Français, à l'échelle nationale. Mais une nouvelle étude publiée lundi fait le point région par région, et montre de grandes disparités.

La baisse de qualité du sperme n'épargne aucune zone française, selon une étude mise en ligne lundi sur le site de la revue Reproduction. Mais d'une région à l'autre, les chercheurs de l'InVS (Institut de veille sanitaire) et de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) ont constaté de grandes disparités. Pour les scientifiques, ces différences montrent que la qualité de l'environnement joue sur la concentration de spermatozoïdes, qui a nationalement baissé de presque un tiers sur seize ans.

Les régions agricoles plus touchées

Aquitaine, Midi-Pyrénées : ces deux régions ont connu un déclin plus fort que la moyenne. Les auteurs soulignent qu'elles ont une forte activité agricole et notamment viticole, et que la population y est fortement exposée aux pesticides. Ces derniers peuvent perturber le fonctionnement hormonal.

Au nord, quatre autres régions ont été plus sévèrement touchées par cette baisse de qualité du sperme, ce sont aussi des régions à forte activité agricole : les deux Normandies, l'Ile-de-France et la Picardie.

L'environnement plus que la génétique

Ces chercheurs ont observé l'évolution du phénomène sur seize ans, ce qui représente une période trop courte pour expliquer les résultats par une évolution génétique. Aucune corrélation n'a été montrée avec les consommations locales de tabac ou d'alcool. Il s'agit plutôt pour les auteurs de l'étude de l'influence de perturbateurs endocriniens, donc environnementaux.

Les régions dont les hommes ont été le moins touchés par cette baisse de concentration de spermatozoïdes sont l'Auvergne et le Languedoc-Roussillon.

Pour l'un des scientifiques, le docteur Le Moal, "il est très important de surveiller la qualité du sperme, car c'est un biomarqueur sensible aux expositions environnementales et corrélé à l'espérance de vie".