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La Rochelle : la CGT exige la fermeture d'une plateforme d'appels

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Par , France Bleu La Rochelle, France Bleu Poitou
Perigny, France

Bras-de-fer chez Sitel. La CGT exige du préfet de la Charente-Maritime la fermeture administrative de la plateforme d'appels. Les mesures draconiennes mises en place à Périgny n'ont pas empêché l'explosion des cas suspects de covid-19, selon le syndicat. La direction conserve le soutien de l'Etat.

Seules 160 personnes travaillaient la semaine dernière sur le site de Sitel, contre 750 habituellement. Photo d'archives 2011.
Seules 160 personnes travaillaient la semaine dernière sur le site de Sitel, contre 750 habituellement. Photo d'archives 2011. © Maxppp - Pacal Couillaud

Faut-il fermer Sitel, la plateforme d'appels de Périgny près de La Rochelle? C'est désormais ce que demande la CGT du site, au nom de la santé et de la sécurité des salariés, chez qui les cas suspects de coronavirus ont fortement augmenté ces derniers jours, selon le syndicat.

La CGT a écrit solennellement au préfet, pour exiger une fermeture administrative. "Je sollicite la fermeture de cette entreprise non essentielle à la vie de la Nation, et qui pourrait bien devenir un nouveau foyer de propagation pour la ville de La Rochelle" écrit Yvonne Gaborit, secrétaire départementale en Charente-Maritime.

Débrayage des salariés

Interrogée par France Bleu, la préfecture répond que les mesures de précaution prises par l'entreprise sont pour l'instant suffisantes. Chez Sitel, il n'y a plus que 160 personnes qui travaillent sur le site de Périgny, contre 750 habituellement. Une petite dizaine d'entre elles répondent aux appels du numéro vert gouvernemental sur le covid-19, 0800 130 000) comme d'autres plateformes à travers la France.

Et de nombreuses mesures ont été décidées pour éviter l'exposition au coronavirus, sous la pression des salariés. Plusieurs dizaines d'entre eux avaient débrayé mardi 17 mars, pour exprimer leur inquiétude. Les négociations s'étaient tenues dans l'après-midi.

160 salariés toujours présents sur 750

Mesure la plus spectaculaire prise ce jour-là: un bureau sur deux n'est plus occupé. Ce qui a fait basculer en chômage partiel la moitié de l'effectif. L'entreprise compte aussi beaucoup de jeunes parents, qui ont eux fait valoir leur droit à les garder. A Périgny, on peut se laver les mains sans problème. Mais il n'y a ici pas plus de masques qu'ailleurs. Et même si les portes restent ouvertes pour éviter de nettoyer les poignées, les occasions de contact rapproché restent nombreuses.

Pour David Phélippeau de la CGT, il n'y a plus qu'une solution: fermer l'entreprise. Et c'est ce qu'il demande à l'Etat de faire, pour permettre à la direction de décrocher du chômage partiel. Le trésorier du CSE s'explique: "Malgré toutes ces mesures, force est de constater qu'on est passé en une semaine de 7 cas à 39 cas. Pourquoi? Parce que fatalement, quand on est 160 dans une boîte, les gens s'assoient à une table, touchent la table, quelqu'un va s'y asseoir après." Par nature, ce site est un foyer de contamination, conclut David Phélippeau.

Moins de salariés, mais des contacts toujours rapprochés

La CGT accuse par ailleurs l'entreprise d'avoir caché aux salariés un cas avéré de covid-19. Totalement faux, répond l'entreprise, qui se veut précise. L'arrêt de travail a été signé par un médecin avec pour motif covid-19, mais le salarié n'a pas été testé. "De toutes façons, nous prenons tous les cas suspects comme des cas avérés" assure Chloé Beauvallet, directrice générale de Sitel France, dont le site de Périgny est un établissement.

Une plateforme chez Sitel en 2011. Une petite dizaine de salariés de l'entreprise répondent au numéro vert gouvernemental sur le coronavirus, le 0800 130 000.
Une plateforme chez Sitel en 2011. Une petite dizaine de salariés de l'entreprise répondent au numéro vert gouvernemental sur le coronavirus, le 0800 130 000. © Maxppp - Pascal Couillaud

Sitel est également en désaccord sur les chiffres. La direction ne reconnaissait jeudi soir que neuf cas suspects. "Si nous avions la conviction qu'il y a un danger pour notre personnel, nous fermerions le site. Donc aujourd'hui c'est non" assure Chloé Beauvallet. La DG française de l'entreprise américaine l'assure: "les autorités de santé, la médecine du travail, la préfecture nous confirment que les mesures prises sur le site nous permettent de fournir des conditions de travail sûr à nos employés."

Prochaine étape, le droit de retrait

Si les choses en restent là, la CGT promet d'appeler les salariés à faire jouer leur droit de retrait. Les conditions ne sont pas réunies, prévient la direction, puisqu'il faut un danger grave et imminent. Le bras-de-fer pourrait se terminer devant les tribunaux.

Mouvement de grève chez Sitel en 2009. Mardi 17 mars, plusieurs centaines de salariés ont débrayé. Ce qui a permis d'obtenir des mesures de protection.
Mouvement de grève chez Sitel en 2009. Mardi 17 mars, plusieurs centaines de salariés ont débrayé. Ce qui a permis d'obtenir des mesures de protection. © Maxppp - Pascal Couillaud
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