Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Santé – Sciences

La télémédecine est déjà une réalité dans l’Yonne

vendredi 14 septembre 2018 à 4:05 Par Delphine Martin, France Bleu Auxerre

A partir du 15 septembre, les téléconsultations seront remboursées par la sécurité sociale. Un accord a été conclu cet été entre l'Assurance Maladie et trois syndicats de médecins libéraux. Dans l’Yonne, c’est une pratique qui existe déjà.

Le Docteur Champeaux pratique la télémédecine à Guillon depuis 2014.
Le Docteur Champeaux pratique la télémédecine à Guillon depuis 2014. © Radio France - Delphine Martin

Guillon, France

La télémédecine est une réalité depuis plusieurs années déjà à la maison de santé de Guillon, dans l’avallonnais. Grâce à une petit caméra et un écran d’ordinateur, le docteur Richard Champeaux suit, à distance, 170 patients : les résidents de quatre maisons de retraites du secteur (à Thizy et Guillon dans l’Yonne, ainsi qu’à Époisses et Moutiers-Saint-Jean en Côte d’Or). Ces téléconsultations complètent la tournée physique qu'il fait chaque semaine : "La plupart du temps, il s’agit de réévaluer une pathologie qu’on a diagnostiqué et contre laquelle on a mis en place un traitement : bronchites, douleurs articulaires, lésions cutanées… les images sont de très bonnes qualités. Un patient qu’on aura vu le lundi, on pourra le réévaluer le vendredi ", explique le médecin. 

Les patients âgés sont enchantés d’avoir leur médecin en face, sur l’écran (Richard Champeaux)

Pour les téléconsultations, le généraliste est dans son bureau. Ses patients, eux, sont dans les différentes maisons de retraite : à 8, 10 ou 15 kilomètres de là, avec une infirmière ou une aide-soignante à leurs côtés. Ils peuvent utiliser un tensiomètre ou un stéthoscope connectés. Et les seniors s'adaptent très bien : "ça peut paraître surprenant, mais les patients âgés le reçoivent très bien. Ils sont enchantés d’avoir leur médecin en face, sur l’écran, avec lequel ils peuvent discuter. On les a vus trois jours avant, on rediscute avec eux. Toutes les expériences ont montré qu’ils étaient enchantés", assure Richard Champeaux.

L'Agence régionale de santé souhaite développer ces consultations de télémédecine dans d'autres Ehpad de la région, et les rendre disponibles aussi pour le grand public. Elle travaille déjà avec des pharmacies ou des maisons de santé pour proposer ce service, qui viendra en complément d’une consultation « classique ». 

8 programmes de télémédecine

Dans l’Yonne, l'Agence régionale de Santé finance déjà 8 programmes de télémédecine dans le département de l’Yonne. Il s’agit principalement de ce qu’on appelle « la télé-expertise », c'est à dire des généralistes qui soumettent les cas de leurs patients à des spécialistes : neurologues, dermatologues, cardiologues ou gynécologues.

Les sites de télémédecine en Bourgogne-Franche-Comte en 2018. - Aucun(e)
Les sites de télémédecine en Bourgogne-Franche-Comte en 2018. - ARS

Ainsi, depuis 2014, à la maison de santé de Guillon, le docteur Richard Champeaux demande régulièrement l'expertise d'une consœur dermatologue basée à Auxerre. Un doute sur un grain de beauté, une tâche suspecte. Il prend une photo : "Il faut que l’expert ait un document de qualité, donc on a un appareil photo ou un téléphone qui fait de bonnes photos, et un dermatoscope qui sert de loupe, et qui permet à l’expert d’avoir 3, 4 ou 5 photos", explique le généraliste.

Le dossier est envoyé par internet, sur une plateforme de régionale totalement sécurisée. "La sécurité des données est très importante pour nous. Toutes les données sont hébergées chez un hébergeur de données de santé. Elles ne sont pas transférées chez Google ou Apple. Elles ne sont pas commercialisées. Et nous prenons en charge la formation et la maintenance en cas de problèmes", explique Clément Carlin, chargé de mission "télémédecine" à l'Agence Régionale de Santé.

Une semaine au lieu de 6 mois pour avoir l’avis d’un dermatologue

Une fois que le dossier est envoyé à l’expert, la réponse du spécialiste intervient en général en une semaine. Pour les patients, c'est un énorme gain de temps puisque le délai pour voir un dermatologue dans le département est de 6 à 8 mois. 

Pour la télé-expertise en dermatologie, il faut un appareil photo et dermatoscope qui sert de loupe. - Radio France
Pour la télé-expertise en dermatologie, il faut un appareil photo et dermatoscope qui sert de loupe. © Radio France - Delphine Martin

Pour les médecins, c'est aussi une manière d'élargir leurs compétences : "Ça participe vraiment à une formation continue. Ma consœur à la maison de santé de Guillon, qui avait très peu pratiqué de dermato, adressait énormément de patients à l’expert. Aujourd’hui, depuis un an, elle les sélectionne différemment, car elle a appris énormément de choses par les réponses du dermatologue", assure le docteur Champeaux. 

Un outil pour attirer de jeunes médecins

Le médecin de Guillon est d’ailleurs convaincu que la télémédecine, c’est l’avenir : "Je pense que ça fait partie d’une évolution logique de la pratique médicale. Comme l’appareil électrocardiogramme il y a 40 ans, qui était réservée à l’hôpital, et qui est aujourd’hui partout, qui est entré dans les mœurs. On ne peut pas échapper à cette évolution là et il faut se l’approprier dès maintenant", assure le généraliste. 

Selon lui, ce n’est certainement pas un remède miracle contre la désertification médicale, mais ça peut aider à attirer de jeunes médecins en zone rurale. "Pour les jeunes médecins, c’est plus sécurisant. Parce que tous les jeunes installés sont anxieux. Ils ont peur de se tromper, de passer à côté de quelque chose en particulier en dermato, en cardiologie… Les difficultés d’accès à l’expert font qu’ils sont souvent dans l’incertitude pendant un long moment. Avec la télémédecine sécurisée, l’incertitude est levée rapidement. Et ça ne peut être que bénéfique à la prise en charge", conclut le praticien.

Pour l'instant, les consultations de télé-expertises sont financées par l'Agence régionale de Santé, mais elles devraient à leur tour être remboursées par la sécurité sociale à partir de février 2019.

Les sites de télémédecine du secteur ambulatoire en Bourgogne-Franche-Comté en 2018. - Aucun(e)
Les sites de télémédecine du secteur ambulatoire en Bourgogne-Franche-Comté en 2018. - ARS