Santé – Sciences DOSSIER : Bien vivre

La thérapie par les câlins

Par Charlotte Hattenberger et Lucie Bombled, France Bleu mardi 15 août 2017 à 5:10

Quelle que soit la raison, l'effet du câlin est bien positif : apaisement, bien-être, euphorie, il aide même à la réduction du stress et au renforcement des défenses immunitaires.
Quelle que soit la raison, l'effet du câlin est bien positif : apaisement, bien-être, euphorie, il aide même à la réduction du stress et au renforcement des défenses immunitaires. © Radio France - Lucie Bombled

On en fait pour rassurer, démontrer son affection, donner du plaisir… Quelle que soit la raison, l'effet du câlin est bien positif : apaisement, bien-être, euphorie, il aide même à la réduction du stress et au renforcement des défenses immunitaires. Comment ? On vous explique.

Il permet de célébrer des retrouvailles, d'apporter son soutien, de fêter une victoire... Il y a beaucoup de raisons de faire un câlin et ses effets positifs sont très nombreux. Alors que les relations humaines tendent à se dématérialiser, les phénomènes comme les "free hugs" - câlins gratuits dans les lieux publics - ou les bars à câlins se développent. Et la maman des câlins : une indienne du nom d'Amma qui parcourt le monde et donne son "darshan", étreinte d'une dizaine de secondes. Lors de son dernier passage à Paris, plus de 20.000 personnes se sont déplacées pour recevoir son câlin.

Tous ces phénomènes répondent à un réel besoin de rapprochement et de contact humain. C'est notamment grâce à cette connexion physique et émotionnelle qu'il créé que le câlin apporte un sentiment de bien-être, d'apaisement voire même de sécurité à celui qui le fait ou le reçoit. C'est une forme de communication non verbale particulièrement forte, qu'elle soit amoureuse, fraternelle ou platonique. Faire un câlin développe le bien-être physique et affectif.

►► Écoutez le Conseil Forme et Bien-être de Nathalie Simon :

Une séance de câlins réussie entraine une cascade de réactions chimiques bénéfique

L'hormone de l'amour

Étreindre ou être étreint permet de sécréter l’hormone de l’attachement (ou hormone de l’amour) : l’ocytocine. Ses effets ? Une sensation d’apaisement et de bien-être immédiate ainsi qu'une réduction de l'anxiété et du stress. Cette hormone aide à créer un lien avec les autres : sécrétée lors de l’accouchement par exemple, elle permet de créer le lien avec l’enfant. Elle protègerait en outre les femmes des cancers du sein en éliminant les éléments cancérigènes des glandes mammaires.

Moins de stress et de maladies

Selon une étude américaine, le câlin permettrait également de renforcer notre système immunitaire et de réduire le stress : on oublie donc grippe, rhume et déprime. Que ce soit grâce au contact physique avec une autre personne ou à la connexion émotionnelle et psychologique qu'il engendre, le câlin aide à réduire de manière notable les petits maux de l'hiver.

Et les câlins crapuleux ?

Au-delà des sentiments amoureux qui peuvent mettre dans un état euphorique, une séance de câlins réussie entraîne une cascade de réactions chimiques bénéfiques. Le plaisir physique favorise un meilleur équilibre hormonal. En outre, le monoxyde d’azote libéré pendant l'acte sexuel a un effet vasodilatateur qui jouerait un rôle essentiel contre les maladies cardio-vasculaires. Excellent pour le cœur donc, il fait baisser les risques cardiaques. Sans compter les 300 calories en moyenne brûlées pendant nos ébats sous la couette.

Pendant l'orgasme, de nombreuses hormones sont sécrétées : le taux d'ocytocine, libérée notamment par les caresses et les baisers, atteint son maximum et une vague d'endorphines atteint le cerveau, créant une sensation d’euphorie et de bien-être qui apporte ensuite la détente et le sommeil réparateur.

Pour les hommes, faire l’amour réduit les risques de phénomènes inflammatoires. De plus, une fréquence d'éjaculations élevée permettrait de réduire les risques de cancers de la prostate.

Quel est le meilleur moment pour faire l'amour ?

Des études et des chercheurs se sont penchés sur le problème mais il y a de nombreux désaccords.

Une étude allemande recommande l’automne pour les hommes car le taux de testostérone est à son pic à cette période de l’année. Les Norvégiens considèrent, eux, que les femmes préfèrent le printemps, en avril-mai à cause de l’intensité lumineuse de cette saison.

En terme d’horaire : une étude britannique indique que le meilleur horaire serait le dimanche matin à 9h, moment où les hormones sexuelles des hommes et les œstrogènes des femmes sont au plus haut. Vous trouvez ça un peu tôt ? Une fenêtre s’entrouvre également vers 16h quand nos hormones liées au stress diminuent et que les désirs des hommes et des femmes sont de nouveau concordants.

Quel que soit le moment que vous choisissez, variez les horaires et les plaisirs. Et si vous êtes encore sceptiques : un neuropsychologue écossais a réalisé une étude pendant dix ans et il a constaté que les couples qui faisaient l’amour au moins trois fois par semaine paraissaient dix ans plus jeunes que ceux qui ne le font que deux fois.