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Santé - Sciences

Larmes de sang et lits vides dans le hall de la direction de l'hôpital de Montfavet

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Par , France Bleu Vaucluse

Le personnel de l’hôpital de Montfavet a installé des lits dans le hall de la direction vendredi midi. Larme de sang au coin de l'oeil pour exprimer sa honte de voir des malades coucher sur des lits de camps, le personnel dénonce aussi des délais de consultation de plusieurs mois.

Infirmiers et médecins ont installé des lits dans le hall de la direction de l'hôpital de Montfavet
Infirmiers et médecins ont installé des lits dans le hall de la direction de l'hôpital de Montfavet © Radio France - Philippe Paupert

Les psychiatres et les infirmiers de l’hôpital de Montfavet ont installé des lits dans le hall de la direction vendredi midi. Le personnel s'était maquillé avec une larme de sang au coin de l’œil pour exprimer sa honte de voir des malades coucher sur des lits de camps avec parfois des délais de plusieurs mois pour des consultations. La direction assure qu'elle veillera désormais à limiter les contrats courts pour privilégier un remplacement des personnel malades durant toute leur absence. C'est la seule avancée après des semaines de conflit.  

La honte de proposer un lit de camp à des malades

Psychologues, psychiatres et infirmier.e.s ont déplacé des lits pour dire leur honte et leur malaise. Depuis 21 ans, Stéphanie est infirmière à Montfavet. Elle s'est maquillée avec une larme de sang au coin de l'œil car elle a honte du manque de lit : "il y a une promiscuité entre les patients avec seulement 50 cm entre les lits.  On a de moins en moins de moyens. Mes larmes de sang, c’est pour dénoncer ça. J’ai la honte quand on reçoit les patients et qu’on leur propose un lit de camp pour ce soir. C’est pas digne de recevoir un patient sur lit de camp. Des patients très grands vont avoir les pieds qui sortent du lit".

Matelas au sol dans les couloirs

Autre infirmier de Montfavet, Emmanuel est catastrophé par l'évolution en 20 ans : " la réalité est parfois pire que ça avec des matelas à même le sol quand il n’y a pas de places, parfois dans les couloirs" . Alors le personnel a affiché en rouge sang les mots Honte et Peur dans le hall de la direction :  "la honte, c’est la honte du service qu’on fournit aux patients" explique Emmanuel. "La peur, c’est que parfois on n'est pas en sécurité. Et les patients non plus. Avec des patients dans les couloirs, la surveillance est difficile à réaliser".

Les psychologues et psychiatres expliquent eux aussi qu'ils ont honte. Ils confient qu'il faut plusieurs mois pour obtenir un rendez-vous.

C'est pas humain. On ne peut plus supporter" Fanny, infirmière

Blouse bleue, infirmière depuis cinq ans, Fanny a déplacé les lits jusqu'à la direction pour dénoncer justement le manque de lits. Dans son service, les malades dorment sur des lits de camp : "en tendant le bras, ils touchent le lit du voisin. C’est pas humain. On peut plus le supporter".  Les psychologues aussi ont honte. Eliane Flament n'a plus les moyens de s'occuper des enfants malades : "on ne peut pas recevoir des adolescents suicidaires ou délirants. On est obligé de mettre  ces ados dans un service adulte. Imaginez le choc pour un ado de 17 ans qui côtoie des malades adultes ! Pour les enfants autistes, il faut attendre 8 mois pour un rendes vous avec un psychologue".

Arrêt maladie et burn-out du personnel

Dans le service de Fanny, un tiers du personnel est en arrêt maladie : "on est  à 5 arrêt-maladie pour 13 soignants. Comme on peut aider les autres quand on est en souffrance ?" Pour Emmanuel, lui aussi infirmier, le personnel est désormais le premier malade de l’hôpital : "l'équipe se met en difficulté quand il y a des absents. Ça peut aller jusqu’au burn-out. Ca crée de nouvelles absences. C'est un cercle vicieux. Le personnel se démoralise et a l’impression de faire un mauvais travail et la direction ne fait rien pour enrayer ça."

Après une réunion avec le personnel, la direction de l'hôpital de Montfavet s'est engagée à veiller à limiter le recours au contrat court pour les remplacements des arrêts-maladie.

Des larmes de sang sur le visage de Stéphanie pour afficher sa honte du manque de moyens - Radio France
Des larmes de sang sur le visage de Stéphanie pour afficher sa honte du manque de moyens © Radio France - Philippe Paupert
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