Santé – Sciences

Le 1er décembre, journée mondiale de lutte contre le sida

Par Camille Marigaux, France Bleu Nord jeudi 1 décembre 2016 à 9:59

Dans la région Nord-Pas-de-Calais, près de 3000 personnes sont séropositives.
Dans la région Nord-Pas-de-Calais, près de 3000 personnes sont séropositives. © Maxppp - Julio PELAEZ

La journée mondiale de lutte contre le sida c'est aujourd'hui. En France près de 150.000 personnes vivent avec le VIH. Une maladie qui désormais se soigne, avec laquelle on peut vivre mais qui reste victime de beaucoup de préjugés. Reportage dans le Nord-Pas-de-Calais.

En 2015, dans le Nord-pas-de-Calais, 420.000 dépistages ont été effectués dans la région qui reste moins impactée que le PACA ou l’Île de France. Environ 270 personnes ont été diagnostiquées séropositives. On estime à 3.000 le nombre de séropositifs qui vivent dans le Nord-Pas-de-Calais. A l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida ce jeudi, France Bleu Nord dresse un état des lieux de la maladie dans la région.

Ce sont les homosexuels avec les personnes d'origine subsaharienne, et plus généralement migrantes, sont donc les plus exposées au risque. Mais ce sont aussi des populations très souvent victimes de discriminations, voire d'exclusion, ce qui entraîne souvent l'isolement de ces personnes séropositives. C'est d'ailleurs l'objectif de la dernière campagne du ministère de la santé, refusée par certains maires en France.

Aujourd'hui, on est dans la culpabilisation"

Une attitude qui inquiète Jean-Luc Romero, le Béthunois, premier homme politique français à avoir révélé sa séropositivité. Sur France Bleu Nord, il explique que les progrès médicaux dans la prise en charge de la maladie ont été extraordinaires. En revanche, la société elle se montre de plus en plus critique selon lui envers les malades qui sont désormais stigmatisés : "Il y a 30 ans, quand moi-même j'apprenais ma propre séropositivité, il y avait une compassion, les gens étaient autour de moi. Aujourd'hui, on est dans la culpabilisation. En général, c'est le rejet".

Une meilleure prise en charge

La majorité des personnes suivies dans la région a entre 40 et 50 ans. Et cela s'explique par une meilleure prise en charge du VIH et l'allongement de l'espérance de vie en France pour Pierre-Olivier Le Clanche, coordinateur de l'associations AIDES dans les Hauts-de-France. D'où l'importance de la prévention, Le principal défi pour les professionnels de santé et les associations reste le temps écoulé entre le dépistage des personnes séropositives et le moment où elles sont contaminées, entre un an et demi et trois ans. C'est trop, alors que quand elles sont traitées à temps et efficacement, elles ne transmettent plus le VIH à long terme. Mais il faut rappeler que le sida reste une maladie dont on ne guérit pas, à l'heure actuelle il n'existe toujours pas de vaccin.

Et il n'est jamais trop tard pour parler de prévention. Ce jeudi, pour la journée mondiale de lutte contre le VIH, le comité de prévention de la délinquance de Ronchin, près de Lille, et l'association Oxygène organisent leur 10e journée d'animation autour de ce sujet. Près de 200 collégiens y participent autour du thème du vivre ensemble. Des scénettes seront interprétées par les collégiens pour se mettre en situation et mieux lutter contre les discriminations envers les personnes séropositives.

A écouter et podcaster : Jean-Luc Roméro, conseiller régional d'Ile de France, et Béthunois, était l'invité de France Bleu Nord. Il est le premier politique à avoir révélé sa séropositivité, il y a 15 ans.

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