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Santé – Sciences

"Le cancer du col de l'utérus pourrait totalement être évité", selon la présidente de la Ligue contre le cancer 53

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Par , France Bleu Mayenne

Vaccination, diagnostic, prévention. Comment lutter contre le cancer du col de l'utérus en France et en Mayenne ? Entretien avec la présidente de la Ligue contre le cancer en Mayenne.

Image d'illustration.
Image d'illustration. © Maxppp - Sebastien JARRY

Département Mayenne, France

C'est un cancer extrêmement agressif : le cancer du col de l'utérus a causé plus de 1100 décès en France en 2018, et près de 3000 nouveaux cas ont été diagnostiqués, selon les derniers chiffres officiels publiés ce mardi par les autorités sanitaires. Ce sont des cancers dus à un virus, le papillomavirus, responsable aussi de cancers de l'anus et de cancers ORL types amygdales, qui touchent aussi les hommes. Le papillomavirus n'est pas un virus féminin. 

Entretien avec Bernadette Perrot, la présidente de la Ligue contre le cancer en Mayenne.

Le nombre de nouveaux cas de cancers du col de l'utérus est plutôt inférieur en Mayenne à la moyenne nationale, comment peut-on l'expliquer ?

Il y a deux explications. La première pourrait être le sous-diagnostic des cancers du col, parce que nous avons peu de médecins et peu de sages-femmes qui se sont mises aux dépistage spar les frottis. Deuxièmement, nous sommes un département rural, où il y a moins de multi-partenaires. Etant donné que le cancer du col est une maladie sexuellement transmissible, plus on a de partenaires, plus on a de risques.

Mais les mœurs évoluent, et les jeunes commencent très tôt leur vie sexuelle. Ce virus est extrêmement fréquent puisque 80% des femmes seront un jour en contact avec le papillomavirus. Le problème c'est que le préservatif ne protège pas, parce que ce virus n'est pas transmis par le sperme, mais par contact.

80% des femmes seront en contact un jour avec le virus, toutes auront un cancer ?

Non, heureusement nous avons notre immunité. Mais il y a quand même une évolution vers les lésions graves, puisqu'en France, nous avons 35 000 cas de conisations, une petite opération où on retire les lésions dues au papillomavirus qui vont évoluer obligatoirement vers un cancer. 35 000 femmes, c'est très important.

Le papillomavirus n'est pas un virus féminin ? Il peut être transmis par un homme ?

On l’attrape par contact génital, donc les hommes sont porteurs et font aussi des pathologies. Ils vont faire des cancer ORL. Et comme les pratiques oro-génitales sont en très nette augmentation, nous avons quand même de nombreux cancers ORL, puisqu'il y a à peu près 1.300 femmes et 1.700 hommes qui vont faire un cancer ORL dû au papillomavirus. Là il n'y a pas de possibilités de dépister précocement, puisqu'il n'y a pas l'équivalent des frottis.

Quel type de cancer est le cancer du col de l'utérus ?

Le cancer du col de l'utérus c'est 3.000 cas par an, 1.100 morts, donc 30% de décès, ce qui est plus important que le cancer du sein au point de vue mortalité, puisque le cancer du sein c'est 55.000 cas pour 12.000 morts chez les femmes. Mais en pourcentage le cancer du col de l'utérus est beaucoup plus mortel car il n'est pas diagnostiqué à temps. Or c'est un cancer que l'on pourrait totalement éviter. Car c'est un cancer où nous avons une prévention par le vaccin. Il faut vacciner les petites filles entre 11 ans et 14 ans.

Le vaccin est complètement inoffensif, il est remboursé à 65% par la Sécurité Sociale et à 35% par les mutuelles. Pour ceux qui n'ont pas de mutuelles, la Ligue contre le cancer de la Mayenne a signé une convention avec les pharmaciens et prend en charge le reste.

Bernadette Perrot est la président de la Ligue contre le cancer en Mayenne.

Le vaccin est actuellement recommandé, mais pas obligatoire. Il faut le rendre gratuit ? et développer la vaccination dans les collèges ?

Il faut rendre la vaccination obligatoire, et remboursée pour les garçons, car pour l'instant il n'est remboursé que pour les filles. On vaccine de 11 à 14 ans, parce que le vaccin ne peut-être utile que s'il n'y a jamais eu de contact. Il faut aussi vacciner aussi les garçons. 80% des cancers de l'amygdale sont dus au papillomavirus, mais il est responsable aussi de 40% des cancers de l'anus. D'où l'intérêt de vacciner filles et garçon.

Il faut aussi le diagnostiquer plus tôt ?

Il va y avoir le dépistage organisé du col de l'utérus. Les femmes en Mayenne vont recevoir en décembre leur première convocation pour un dépistage, et ça se fera entre 25 et 65 ans. Tous les trois ans, elles vont recevoir une invitation pour aller faire un frottis. Dans quelques temps, les femmes pourront aussi faire les prélèvements elles-mêmes dans le vagin, et ça partira en laboratoire.

Comment mettre en place ce diagnostic car la Mayenne manque de gynécologues ?

Les frottis peuvent être faits par un généraliste et les sages-femmes. Et l'auto-prélèvement va nous permettre de faire face à ce manque cruel de corps médical.

La France est le mauvais élève de l'Europe en matière de vaccination ?

La France, pays où a été créé le vaccin par l'institut pasteur, nous avons un taux de couverture vaccinale de 23%. L'Europe est à 60%. Nous sommes le point noir du monde occidental. Je pense que le corps médical ne s'est pas assez impliqué dans la prévention.

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